La campagne "Justice climatique" pour la Cop 26


Samedi 25 septembre (doyenné de Poligny) et vendredi 15 octobre (assemblée diocésaine), je m’étais engagée à sensibiliser les personnes présentes, à la campagne justice climatique menée par le CCFD-Terre solidaire à l’aube de la COP 26 (6 au 12 novembre à Glasgow). Accaparement des terres, expropriation des populations locales, souveraineté alimentaire mise à mal, et aggravement des dérèglements climatiques….
On le voit, les enjeux sont immenses et la non- protection des terres agricoles pourrait être source de multiples dérives aux conséquences irrémédiables.
 


L’ENJEU ET L’URGENCE NE SONT PLUS A DEMONTRER :
UN MONDE AU PIED DU MUR 

• Mégafeux, fonte des glaciers, tempêtes….                                                  
• Des scientifiques multiplient les alertes : Que nous dit le rapport du GIEC : Clic
• Après la pandémie, des émissions de CO2 qui repartent à la hausse !

En 2015, l’accord de Paris a fixé une ligne rouge à ne pas franchir, au risque d’aller vers des désagréments climatiques irréversibles. L’impératif est de limiter la hausse des températures à 1,5 voire 2 degrés d’ici 2100.
Malheureusement, cet objectif semble encore trop absent de l’ensemble des politiques publiques.
En effet, plus de cinq ans après l’adoption de l’accord de Paris, la crise climatique s’est étendue au monde entier. Dans le même temps, scientifiques et citoyens pointent du doigt l’inaction climatique des Etats ces dernières décennies.

LA COMPENSATION PAR LE SECTEUR DES TERRES

1 Mise en danger de l’accord de Paris :
L’accord de Paris souligne la nécessité d’atteindre un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption par les puits carbone d’ici la moitié du XXI° siècle.
Depuis, les objectifs de "neutralité carbone" fleurissent chez nombre d’acteurs, à tous les niveaux. Force est de constater que derrière ce terme, les solutions promues interrogent et inquiètent.

2 Séquestrer du carbone pour compenser ! Fausse solution pour un  vrai problème ?
C’est la capacité d’absorber du carbone et de le stocker hors de l’atmosphère. Naturel, c’est un phénomène biologique et souhaitable.
Aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs misent sur les technologies dites d’émissions négatives ou de puits carbone. Ces solutions consistent à faire pousser des végétaux et à les brûler pour produire de l’énergie tout en captant le CO2 issu de la combustion pour le stocker dans des réserves géologiques.
Un grand nombre de scientifiques disent et répètent  que les terres n’auront pas la capacité biologique d’assurer une séquestration permanente et suffisante de l’ensemble des gaz émis.
Selon le  GIEC, le scénario nécessitant d’importantes conversions des terres ( les champs dédiés aux bioénergies, le reboisement pour capturer du CO2…), pourraient avoir des effets secondaires indésirables : désertification, dégradation des sols et la mise en danger de la sécurité alimentaire. A grande échelle, ces mécanismes de compensation engagent donc le recours aux systèmes agro-industriels qui a leur tour favorisent la hausse des émissions de CO2 ; un vrai cercle vicieux.

→ Financiarisation accrue des terres et de l’environnement :
Ces mécanismes de compensation sont souvent financés par des acteurs privés avant tout guidés par leurs intérêts.
Création de crédits carbone qui seront négociés sur des marchés internationaux.

Génèrer une compétition pour les terres
On peut d’ores et déjà craindre une ruée sur les terres partout dans le monde.
L’évaluation faite par l’OMG Grain sur l’impact des plans de décarbonisation de Nestlé, Eni et Shell sur les terres est éloquente : A elles seules, ces trois entreprises auront besoin de 20 millions d’hectares pour leurs besoins cumulés de crédits, soit une superficie correspondant approximativement à celle de toutes les terres forestières  de  la Malaisie.
Quelle surface agricole nous restera-t-il ?

Les peuples autochtones sont les grands perdants de la compensation carbone :
Témoignage de Zé Corriera , chef Jaminawa. Un peuple autochtone de l'état de l'Acre, en Amazonie brésilienne. La survie des Jaminawas est menacée par le programme Redd+. Le mécanisme de Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation forestière (Redd, devenu Redd+) : Clic

En Conclusion : Tout mécanisme de compensation et de séquestration du carbone dans les sols entraînerait de nombreux risques pour le climat ainsi que pour les droits humains.

LES OBJECTIFS DE LA CAMPAGNE : LE SECTEUR DES TERRES DOIT RESTER EN DEHORS DES MARCHÉS CARBONE

Ce que nous défendons :

• Un manuel d'application de l'accord de Paris qui intègre le respect des droits humains et de la biodiversité.
• Des approches non-marchandes pour le secteur des terres, c'est-à-dire des projets forestiers ou agricoles menés au titre de la lutte contre la crise climatique qui ne génèrent pas des crédits carbone.
• Une transformation en profondeur de nos systèmes agricoles et alimentaires qui doit passer par des politiques nationales, régionales et internationales priorisant l'agro-écologie paysanne et solidaire et assurant une réduction réelle des émissions de l'agro-industrie.

 Non aux fausses solutions

• Financiariser les terres pour séquestrer le carbone au détriment des communautés paysannes.
• Capter le carbone dans les airs et l’enfouir au fin fond de la terre.
• La plantation d’arbres est une pratique bien connue pour compenser les émissions d’un vol en avion Faux !

LA COMPENSATION CARBONE SEMBLE ETRE UNE BONNE SOLUTION POUR REDUIRE LES EMISSIONS DE GAZ  A EFFET DE SERRE.  C’EST  FAUX !

COMPENSER N’EST PAS REDUIRE!
NOS TERRES VALENT PLUS QUE DU CARBONE!
CHANGER LES SYSTÈMES, PAS LE CLIMAT !


Denise Gaillard
Equipe animation diocésaine du CCFD- Terre Solidaire

 

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