Les livres du mois de juin

Sur la religion
Rémi Brague
Editions Flammarion, 2018,
245 pages, 19 €


Un livre signé Rémi Brague nécessite forcément intérêt et attention. N’est-il pas l’un de nos meilleurs philosophes, versé dans l’étude de la philosophie médiévale, chrétienne d’abord, musulmane ensuite ? Son dernier-né,
Sur la religion, rassemble neuf articles consacrés à la religion. Par religion, il faut entendre essentiellement le monothéisme, ce qu’on appelle de ce terme pas toujours approprié de « religions du Livre ». Sur la religion vise pour l’essentiel à défricher, voire à déminer, ce terrain rempli de pièges qui concerne les rapports des religions monothéistes avec la violence, la raison et la liberté. Les premières pages sont particulièrement précieuses car l’auteur explique ce qu’il faut entendre sous le mot de « religion » et ce qu’est la matrice biblique du monothéisme. Les autres chapitres éclairent avec éclat les relations tumultueuses des religions avec la raison, le droit et la violence. Fort de son expérience de professeur, fort surtout de sa très large érudition, Rémi Brague entraîne le lecteur à s’interroger sur le contenu des trois monothéismes. 

 

Comment notre monde a cessé d’être chrétien,
Guillaume Cuchet
Editions du Seuil, 2018,
283 pages, 21 €

En historien et sociologue, Guillaume Cuchet donne du concile Vatican II une nouvelle approche. Autant il juge qu’il a été nécessaire, autant il pense que l’analyse de ses fruits a été biaisé. Dans une première partie, l’auteur dresse l’état de l’Eglise dans la France de l’après-guerre à partir de l’enquête sociologique réalisée par le chanoine Fernand Boulard. Toutefois, au-delà de chiffres plutôt flatteurs, l’enquête Boulard montre une carte religieuse très hétérogène, des régions de forte pratique jouxtant des lieux dans lesquels dominent scepticisme et indifférence. L’année 1965, qui marque la fin du concile, signale le début de l’effondrement dans lequel les Eglises demeurent plongées en Occident. Ce qui attire l’attention dans le travail de Guillaume Cuchet est l’examen qu’il fait des causes de la rupture. D’après lui, les facteurs psychologiques ont eu une importance cruciale. Avec un niveau d’exigence orienté à la baisse, une mise en sourdine de la pastorale des fins dernières et la désinstallation d’un système séculaire, le contrecoup allait être inéluctable. Avec l’auteur, interrogeons-nous sur le fait que « la sortie de la culture de la pratique obligatoire sous peine de péché mortel a joué un rôle capital. » Grâce à Vatican II, la conscience libre et éclairée a retrouvé son rôle premier et c’est tant mieux. Cela dit, on ne peut balayer d’un revers de main les interrogations posées par l’historien.

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