Les livres du mois d'avril


La France dans la pensée des papes
Martin Dumont
Cerf, 2018, 186 pages, 16 €

 



Dans un petit livre facile d’accès, Martin Dumont rappelle les hauts et les bas des rapports entre le Saint-Siège et un pays, ancienne monarchie, devenue république à la fin du XIX° siècle.
La France dans la pensée des papes n’a d’autre ambition, semble-t-il, que de donner un aperçu de deux siècles d’histoire. Histoire mouvementée, tantôt apaisée et controversée, dans laquelle la laïcité va prendre de plus en plus de place. Pour résumer, s’il y eut de l’animosité entre la papauté et la France, elle n’a pas attendu la République pour naître. Il n’en reste pas moins qu’une différence essentielle existe entre l’époque de l’Eglise gallicane et notre société sécularisée. Autrefois, les questions religieuses occupaient le centre du débat. On les en a chassées. On peut regretter, dans le livre de M. Dumont, une certaine tendance à l’édulcoration. 

Jésus t’aime !
Lamia Oualalou
Cerf, 2018, 28 pages, 20 €



Le sous-titre de ce livre, qui intéresse aussi bien la politique, la sociologie que la religion, est en lui-même tout un programme : La déferlante évangélique. Les chiffres donnent raison à ce constat. En 1970, au Brésil, 92 % des catholiques se déclaraient catholiques ; ils ne sont plus que 64 % aujourd’hui. Si un certain nombre de fidèles quittent l’Eglise pour choisir une autre religion ou afficher leur athéisme, l’essentiel des transfuges gagne les Eglises évangéliques. Jouant sur la relation privilégiée du croyant avec Dieu, faisant de la réussite sociale une exigence quasi-religieuse, usant de la plupart des ficelles du marketing, elles ont pignon sur rue, conquièrent des chaînes de télévision, influencent les hommes politiques, etc. En face, l’Eglise catholique a mis du temps pour prendre la mesure du défi qui lui était lancé. Lamia Oualalou montre l’ensemble des aspects de l’inexorable montée du christianisme évangélique au Brésil.

Si beaucoup s’identifient à ce dynamisme religieux et voient leur relation à Jésus fortifiée, il ne faut pas nier le climat inquiétant susceptible de résulter de cette dynamique : le retour de l’intolérance religieuse, la priorité aux affects et l’apparition d’Eglises qui doivent beaucoup au show-business. 

Servir Dieu dans l’armée
Philippe Henne
 Cerf, 2017, 254 pages, 20 €



Dominicain, spécialiste des Pères de l’Eglise, Philippe Henne se penche sur les rapports compliqués entretenus par l’Eglise des premiers temps avec l’armée des sociétés dans lesquelles elle était implantée, Rome en premier lieu. Au cours des premiers siècles de notre ère, l’Eglise – via les Pères, la plupart du temps – s’oppose à tout engagement dans l’armée, ce qui lui vaut de nombreuses critiques. Nombreux sont les auteurs païens, comme Celse, à reprocher aux chrétiens leur refus de porter les armes et, ainsi, de défendre la civilisation menacée par les barbares. Dans cet empire encore largement païen – avant la fin du IV° siècle -, un certain nombre de chrétiens se retrouvent sous les armes à leur corps défendant. Là, beaucoup connaissent le martyr, à l’instar de Marcellus ou de Maximilien. En effet, non seulement ils refusent de prendre les armes pour tuer mais ils récusent le culte rendu à l’empereur. Cette position difficile va prendre fin avec la naissance de l’Empire chrétien.

Désormais, il s’agira, non seulement de défendre la civilisation, mais la christianitas. L’ouvrage de Philippe Henne rappelle avec bonheur que, pour l’Eglise et les chrétiens, la recherche obstinée de la paix n’est pas un vain mot.



Pierre Compagnon

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