La commémoration œcuménique des origines de la Réforme

La commémoration œcuménique des origines de la Réforme
Recherches de Sciences Religieuses,
juillet-septembre 2017, tome 105/3, 23 €

Si la commémoration du 500ème anniversaire du début de la Réforme est officiellement close, il vaut tout de même la peine d’y consacrer un regard rétrospectif. Bien des communautés, catholiques et protestantes célèbrent la Semaine de Prière pour l’unité (3ème semaine de janvier), sans forcément comprendre ce qui s’y joue, sans connaître les tenants et aboutissants d’une fracture qui dure même si la plupart des points de friction se sont notablement apaisés. Le numéro de juillet – septembre 2017 de Recherches de Sciences Religieuses rappelle les enjeux de la commémoration de la Réforme.


Dans son article « Luther d’après les recherches récentes », Marc Lienhard montre combien la recherche de Luther s’enracine dans la Tradition. Ce serait un énorme contresens de croire Luther faisant fi des anciens. En complément de son enracinement biblique, Luther puisa énormément chez les Pères de l’Eglise, et chez des théologiens plus tardifs comme saint Bernard. Aujourd’hui, les confessions chrétiennes jettent un regard paradoxal sur l’homme et son parcours. On admire le croyant tout en regrettant son subjectivisme. On aime la priorité qu’il donne à l’Ecriture tout en réprouvant sa dureté de ton. L’article de Bertrand Lesoing, « Eglise catholique, réforme et méthodologie œcuménique » explique qu’on ne peut comprendre Luther sans le replacer dans son époque et que la justification par la foi, la découverte fondamentale du réformateur de Wittenberg, est à replacer dans l’effervescence religieuse qui couronnait la fin du Moyen Age. Les différences séparatrices qui s’expriment entre catholiques et réformés (en liturgie, en droit sacramentaire, etc.) n’entravent en rien le consensus différencié sur lequel s’appuie le dialogue actuel. 

Lorsqu’on parle d’œcuménisme, de progrès œcuménique, on pense souvent d’emblée à l’Eglise catholique, laquelle ne s’est véritablement ouverte à l’œcuménisme qu’à la suite de Vatican II.
C’est faire fi de la logique de Luther, lequel, sûr d’avoir raison, prônait un certain exclusivisme. Si beaucoup reste à faire dans en matière de dialogue, il convient de voir d’où l’on vient. Côté luthérien, le dialogue avec les autres Eglises issues de la Réforme, avec les diverses confessions dépendant du courant évangélique puis les discussions avec l’Eglise catholique, ont permis de dépasser les problèmes internes afin de répondre aux défis lancés aux Eglises : « Ne pas tant penser aux difficultés propres de l’Eglise, qu’à celles du monde qu’elle veut et doit servir. » (page 423). Un quatrième et dernier article, signé du P. Michel Fédou, demande comment il est possible de progresser vers la pleine communion au-delà de 2017. Si beaucoup de chemin a été parcouru en matière de dialogue, de nouveaux pas doivent être impérativement franchis, sans quoi la division des chrétiens continuera à demeurer un scandale aux yeux du monde. Et le P. Fédou de rappeler, pour terminer, ces cinq impératifs œcuméniques : « Se placer d’abord dans la perspective de l’unité en reconnaissant ce que l’on a en commun ; se laisser transformer par la rencontre de l’autre ; se mettre en quête de l’unité visible ; redécouvrir la puissance de l‘Evangile pour notre temps ; témoigner ensemble de la grâce de Dieu en proclamant cet Evangile et en se mettant au service du monde » (Du conflit à la communion, Ed. Olivétan, 2014).

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