Rendez-vous avec ... le P. Henri Perrin

Le P. Henri Perrin est aumônier du Centre Hospitalier Spécialisé à Saint-Ylie.

Alors que nous commençons ce second confinement, comment avez-vous vécu, spirituellement et humainement, le confinement du printemps dernier ?

Au cœur d’une vie bien souvent trépidante, j’ai décidé de prendre ce temps comme un temps de vacances. Vacances un peu étranges, où la vie semblait s’arrêter. Partout. Plus de bruits, plus de mouvements. J’ai vite réalisé que c’était un temps possible pour l’intériorité, au cœur d’un certain farniente. J’étais convoqué à ne plus me définir par « je fais », mais convoqué à partir à la recherche d’un « je suis » que j’avais oublié depuis longtemps. Mes journées se sont rythmées avec la messe du pape le matin ; l’après-midi c’était le chapelet de Lourdes. J’ai profité de ce temps pour lire des choses que je repoussais en me disant : « Tu n’as pas le temps ». Durant ce confinement, j’ai fait l’expérience du manque de la présence de l’autre. Les visites dans les services m’ont manqué. Manque de ne plus voir les amis. Ne plus avoir les horaires systématiques du dimanche. J’avais l’impression de devenir comme Monsieur tout-le-monde… une sensation délicieuse. La messe cessait de devenir ce qu’il fallait que je fasse à telle heure mais une respiration spirituelle que je m’offrais au moment de la journée.

 

Comment cette période s’est-elle déroulée au Centre hospitalier de Saint-Ylie, là où vous exercez votre ministère ?

Tout le monde était confiné. Plus de sorties pour les patients, cafétéria fermée, etc. ; bref, un temps qui a été éprouvant pour les patients. On se croisait de temps à autre dans le parc, échangeant quelques mots emplis de gratitude, d’espérance et d’humour. Quant au confinement en Ehpad, il était total, plus aucune visite, rien ! Je n’y allais que pour donner le viatique, déguisé en cosmonaute. Pour ceux qui s’absentent d’eux-mêmes, je crois que le confinement a accentué la perte de la mémoire des leurs, la perte de la mémoire de Dieu : plus aucun ne parle de prière, comme avant. Il va falloir réamorcer la pompe.

 

En ces temps incertains, qu’est-ce que l’Eglise peut offrir à ceux qui souffrent, à ceux qui doutent ?

Je crois que nous ne sommes plus attendus systématiquement sur le terrain de la foi, mais que nous pouvons être signe du Nazaréen par une qualité de la fraternité, vécue au-delà des épreuves, des contestations légitimes, des séparations de tous ordres. Tâchons de tenir vent debout « sur la grande marre des canards », sur le navire de la fraternité.


Propos recueillis par Pierre Compagnon

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