Rendez-vous avec… le P. Armand Athias

Pour le P. Armand Athias, les temps de confinement peuvent se vivre comme une chance, susceptibles de révéler des liens « plus forts et plus fraternels que nous l’imaginons ».


Au temps du coronavirus, qu'est-ce qu'une Eglise locale comme celle de Saint-Claude peut dire au monde dans lequel elle vit ? En quoi peut-elle être un signe crédible d'espérance ?

Avant de se préoccuper de ce que notre Eglise locale peut dire au monde, il faut d’abord se préoccuper d’entendre ce monde. C’est parce qu’il a d’abord « vu les foules » que Jésus est monté sur la montagne pour nous offrir les béatitudes. Le premier signe d’Espérance que l’Eglise peut offrir, c’est d’abord et avant tout de donner de réels signes d’attention (et d’attention aimante !) aux souffrants, aux soignants, aux familles inquiètes ou dans le deuil... mais aussi à tous ceux qui ne peuvent travailler normalement comme aux responsables civils et politiques qui doivent prendre des décisions. Manifester notre volonté de voir et d’entendre le monde, c’est déjà contribuer à faire grandir ce qui manque aujourd’hui : un climat fondamental de confiance des hommes entre eux, première étape de la foi !

Avec les confinements et le couvre-feu, les relations humaines se distendent. Comment, dans ces conditions, maintenir des liens... entre prêtres, entre les prêtres et les communautés, entre les chrétiens eux-mêmes ?

Les relations humaines sont peut-être distendues, mais pas disparues. La manière actuelle de les vivre nous fait peut-être mieux comprendre ce que Dieu vit chaque jour quand des obstacles se mettent contre son projet de « rassembler dans l’unité ses enfants dispersés ». Au soir du vendredi saint les apôtres se sont confinés, se demandant bien ce qu’il allait advenir des liens qu’ils avaient avec Jésus et même entre eux. Or, au matin de Pâques, ils leur furent redonnés (et par l’intermédiaire de femmes !), mais ce fut autrement qu’ils ne les avaient vécus jusque là. Ces liens qui nous semblent si distendus aujourd’hui peuvent se révéler soudain plus forts et plus fraternels que nous ne l’imaginons, si nous gardons bien aussi en nous l’objectif de Dieu. J’imagine que l’arrivée d’un nouvel évêque peut servir aussi à cette perspective comme l’accueil que chacun de nous fait aujourd’hui, et fera (en septembre ?) à ce qu’il nous est (et sera) offert à vivre à chaque instant…

Et vous-même, comment avez-vous vécu cette période, notamment sur les plans humain et spirituel ?

Un vieux garçon bien installé, en bonne santé et aux responsabilités réduites, ne peut que trouver cette période relativement facile à vivre ! Etre en retrait consonne bien avec être en pré-retraite ! Avoir du temps devant soi m’a été tellement souvent un rêve depuis 50 ans !!! Mais le risque du repli sur soi est permanent, risque atténué par le téléphone, les mails, et le courrier dont j’avais perdu un peu l’habitude. En plus, il m’est sans cesse demandé des articles pour différents bulletins et beaucoup de formations bibliques par Skype, pour RCF, etc..  Alors  j’ai beaucoup travaillé notamment des livres bibliques ! Avec la Bible entre les mains, la solitude ne peut être isolement. Elle se fait aussi rencontre…


Propos recueillis par Pierre Compagnon

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