Confinement au Japon

La situation au Japon n’a pas atteint les proportions
qu’ont connues certaines régions de l’Occident.


Comme vous ne le savez peut-être pas trop, malgré un flot ininterrompu de nouvelles, la situation au Japon n’a pas atteint les proportions qu’ont connues certaines régions de l’Occident. Sans s’attarder sur des chiffres, difficiles à estimer et pas très importants finalement, le constat que je peux faire est que les mesures n’ont pas atteint les proportions de l’Europe et de la France. Pour éviter une explosion de la contagion, et pour éviter d’avoir à recourir à des meures très contraignantes pour la population, dès la mi-février environ les autorités des régions déjà touchées ont demandé la coopération de tous les lieux susceptibles de rassembler du public. La plupart des grands magasins, écoles, cinémas, chaînes de restauration etc, ont consenti rapidement malgré les désagréments et les pertes occasionnées. Ainsi depuis le mercredi des Cendres il n’y a plus eu de rassemblement dans les églises des diocèses concernées. Au début du mois d’avril la mesure fut étendue à toutes les régions du pays. Dans les paroisses qui me concernent, cela fait trois mois que les fidèles ne se rassemblent pas et cela durera au moins jusqu’à juin. Cette fermeture n’est pas obligatoire mais les évêques ont décidé de montrer la bonne volonté des catholiques devant les demandes des autorités. Certaines églises et autres lieux de cultes, certes petits, continuent leur assemblée, ce qui crée du ressentiment dans leurs voisinages.

Les fidèles bien sûr sont désireux de pouvoir se rassembler et se retrouver entre frères et sœurs en Christ mais, éduqué en cela par le code social japonais habitué en cas de crise à faire passer l’intérêt individuel après l’intérêt commun, les gens prennent leur mal en patience. Il est mal vu de se plaindre et de récriminer, surtout quand une décision a déjà été prise. Pour certains c’est une remise en cause de leur manière de vivre en Église, et ce n’est pas plus mal. Pour les prêtres aussi d’ailleurs. Cela est sans doute un sentiment largement partagé. Pour ma part cette interruption est l’occasion de sortir de l’agitation qui caractérise souvent mes activités pastorales, et oui la suractivité n’est pas qu’une tentation de l’Église en France.

Pour le reste la vie de tous les jours n’est pas aussi restreinte ici comme elle l’est en France, les gens ont vite adopté les mesures sanitaires qui semblent adéquates. Le port du masque est ici déjà bien en place depuis longtemps. Et les japonais sont pragmatiques et ne se posent pas trop de question sur l’importance sociale du visage. Il faut faire ce qu’il faut faire. Vivant dans un pays où des chrétiens ont vécu 250 ans sans l’Eucharistie et sans sacrement autre que le baptême, je peux faire l’expérience que finalement c’est l’Esprit qui nous guide et nous fait vivre, à travers le service du prochain et l’amour mutuel. En ce moment, certes sans faire de bruit, je connais beaucoup de fidèles qui au nom de leur foi se dévoue, qui dans les hôpitaux, dans les maisons de retraites entre autres.

Les habitants de Kobe , ville où j’habite depuis 5 ans, ont aussi connu le tremblement de terre de 1995 qui avaient fait au moins 6000 victimes. Je trouve en eux une acceptation des événements, non résignée mais attentive à l’essentiel, vivre ensemble. Cette attitude peut prendre des tournures hédonistes, mais ceux qui ont répondu à l’appel de Jésus découvrent que l’essentiel est de Lui faire confiance et de mettre sa Parole en pratique. Pour vous en France qui avez dû vivre le confinement strict et qui entrez dans le déconfinement, que notre Seigneur soit votre guide dans votre retour à l’extérieur.

 

ご降誕おめでとうございます!
Père Emmanuel Poppon

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