En décembre



Calixte II, « le Père de la paix »
Gilles-Marie Moreau
L’Harmattan, 2019, 219 pages

 Gilles-Marie Moreau restitue la vie du grand homme dans une biographie appelée à faire date. Pourquoi l’appellation de « pape de la paix » ? Dans le catalogue des 266 papes qui se sont succédé depuis l’apôtre Pierre, Calixte II compte assurément au rang des plus célèbres et ce n’est pas un hasard. Après une époque tourmentée où l’Eglise se trouvait bien souvent aux mains des laïcs, il était temps de mettre fin à une querelle qui empoisonnait la vie du monde chrétien occidental : la querelle des Investitures.En distinguant l’investiture spirituelle, réservée au pape et aux évêques, de l’investiture temporelle, Calixte II mettait fin à la lutte de quarante ans qui opposait la papauté à l’Empire germanique. Si l’on peut considérer cet accord comme le point d’orgue de son ministère pétrinien, Calixte II sut prendre d’autres initiatives tout aussi positives, comme l’encouragement des ordres religieux, la convocation et la présidence du premier concile de Latran. Si certaines pages possèdent un aspect technique indéniable, on ne peut que saluer le travail de Gilles-Marie Moreau : donner un portait aussi juste que possible du « Père de la paix ».

Notre-Dame d’espérance
Patrick Chauvet
Presses de la Renaissance, 2019, 193 pages


Mgr Chauvet n’a pas attendu l’incendie du 15 avril dernier pour publier un ouvrage que l’on hésite à qualifier de mémoires dans la mesure où il s’attarde avant tout à préciser ce qu’être recteur du monument de France le plus visité. Il s’attache à décrire son ministère, son métier de prêtre, sa responsabilité à la tête d’une petite entreprise qui n’est pas si petite que cela. La mission d’un lieu de culte aussi riche d’histoire que celui-ci est de nouer un lien avec l’invisible. La tâche du recteur est de faire en sorte que la cathédrale continue contre vents et marées à jouer ce rôle. Au-delà des aspects mondains de son ministère, Mgr Chauvet n’oublie pas l’essentiel, à savoir que
« la mission première du recteur est de transmettre la joie de l’Evangile, à travers la liturgie, l’enseignement, les visites culturelles, les concerts, les rencontres… »
Dans ce monde déboussolé, il revient à chaque chrétien, où qu’il se trouve, de mettre en valeur ce qui le fait vivre.

Abélard, Héloïse et Bernard
Georges Minois
Perrin, 2019, 429 pages


Il faut s’incliner devant ce travail de haute qualité qui permet au lecteur de cerner ce qu’a été notre Moyen Age. Plutôt qu’une histoire concernant les trois personnages du titre, mieux vaut convenir à l’existence de deux histoires, deux relations pour le moins tumultueuses. D’un côté les amours devenues célèbres entre Abélard et la tendre Héloïse…. Amours passionnés, charnelles… Le récit qu’en fait l’auteur est assez loin de l’image d’Epinal ordinairement véhiculée tant domine le côté velléitaire d’Abélard. De l’autre la lutte à couteaux tirés que se livrent Abélard et saint Bernard de Clairvaux, combat de deux intellectuels de renom. L’auteur dresse le portrait de trois personnages aussi emblématiques que dissemblables : Abélard, célèbre maître à penser enflé d’orgueil pour qui la foi doit être soumise au travail de la raison ; Héloïse, l’amante enflammée puis délaissée qui deviendra une grande abbesse en dépit d’un manque évident de vocation pour la clôture religieuse ; Bernard enfin, personnage haut en couleurs, défenseur acharné de la tradition, conseiller des papes et des princes, aussi obtus que retors… Trois personnages, trois destins dont Georges Minois retrace le destin avec brio.

Pie V, le pape intempestif
Philippe VerdinCerf
2018, 215 pages


Les polémiques du siècle dernier entre catholiques conciliaires et traditionalistes ont quelque peu obscurci la figure de ce saint pape. Ne qualifiait-on pas les seconds de partisans de la messe de saint Pie V quand les premiers tenaient au nouvel
Ordo missae dit de Paul VI ? Grâce à la plume de P. Verdin, la figure de saint Pie V apparaît bien loin de ces querelles liturgiques contemporaines. Durant son court pontificat, l’action de Pie V ne se signala pas par telle ou telle réforme d’envergure. Dans ces temps de trouble, il réussit la performance d’avoir fait appliquer les décrets du concile de Trente, véritable concile de réforme et non simple réunion en réaction au protestantisme. A Rome, il eut une conduite digne, s’occupant des pauvres et des petits. Enfin, il parvint à réunir la croisade qui allait mener à la victoire de Lépante (1571) sur les Turcs. Selon l’auteur, « Pie V a inventé un mythe, celui de la puissance d’une chrétienté unie. Il a incarné l’utopie d’une victoire sur le mal, dont le symbole et l’orgueilleux et dépravé sultan de Constantinople. Cette victoire a été rendue possible par la sainteté. »  Dans ce livre au style enlevé, Philippe Verdin dépoussière magnifiquement la figure de ce saint pape, un pape qui décidément fut bien intempestif.

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