Les reliques de sainte Thérèse

"Là où les saints passent,
Dieu passe avec eux"

Le P.  Patrick Gorce, curé doyen de Morez, a été le porteur des reliques de sainte Thérèse depuis Lisieux et de doyenné en doyenné, là où elles ont été vénérées. Nous lui avons demandé de nous donner un témoignage personnel de ce qu'il a vécu durant ces moments.

      - Comment est venue l'idée de vivre un temps fort autour de ste Thérèse ?

P. Patrick : Il y a une quinzaine d’années, nous avions accueilli les reliques de ste Thérèse de Lisieux au séminaire à Lyon durant quelques jours. Au début, j’étais un peu perplexe : accueillir des restes humains ! Mais nous avions vécu une heureuse expérience de prière communautaire et d’élan missionnaire ! Comme disait le curé d’Ars : « Là où les saints passent, Dieu passe avec eux. » Et il passe à travers leur corps et même leurs reliques. Dieu invisible passe par des médiations visibles…

Il y a un an, une personne du Haut-Jura m’a confié son lien particulier avec ste Thérèse et ses parents, saints Louis et Zélie Martin. Il fallait que je fasse quelque chose de cela, comme si cette confidence devait profiter à beaucoup d’autres. C’est alors que m’est venue l’intuition de faire venir les reliques de ste Thérèse, ce que notre évêque a accepté dans la mesure où cela pouvait s’étendre au diocèse. Le mois d’octobre était évident, mois missionnaire inauguré par la fête de ste Thérèse de Lisieux le 1er. Cela donnerait de l’élan à l’année pastorale. Entre temps, le pape François déclare ce mois d’octobre, mois extraordinaire de la mission !

Des semaines de préparation, de publicité et le jour J arrive. Nous partons avec un couple de Morbier chercher le reliquaire. Et là, rien ne m’appartient plus : je sens la nécessité de laisser faire. Comme si ste Thérèse rendait contagieux sa confiance et son abandon à la grâce de Dieu. Et l’élan s’est produit : un élan vers Dieu (par l’ascenseur de la petite voie !) et vers les autres. Cela a créé un climat de paix, de fraternité et de ferveur. La communion des saints entre terre et ciel (et y compris avec les membres du pèlerinage diocésain en Terre Sainte) était palpable. Et je n’ai pas vu de comportements superstitieux.

          - Comment s'est passé l’accueil des reliques dans votre doyenné ?

P. Patrick : Ce qui m’a touché à Morez, c’est d’abord que l’église Notre-Dame était vivante, priante et chaleureuse pendant des heures et notre Église-communauté l’était tout autant ! Il régnait un réel climat de paix, de simplicité et de profonde ferveur. À Morez et ailleurs, il y a eu du monde et toujours ce même climat. Beaucoup ont été touchés par la simplicité et la fraîcheur de ste Thérèse. Son témoignage leur a manifesté que l’on est paradoxalement plus fort lorsqu’on lâche prise, c’est-à-dire lorsque l’on se jette dans les bras du Christ, lui qui est l’ascenseur de la petite voie qui mène à la sainteté. Ce qui a frappé aussi, c’est sa vocation : « ma vocation, c’est l’amour ! » Cela semble simple mais c’est difficile (Hé oui ! Les choses simples ne sont pas pour autant les plus faciles !) : on ne peut y arriver sans la Source de l’amour : Dieu. Même si elle l’exprime avec les accents du XIXème siècle, cela est très puissant !

Il me semble donc que celles et ceux qui sont venus prier devant les reliques de ste Thérèse ont fait un petit pèlerinage vers elle mais ce faisant, ils ont découverts en fait que c’était elle qui, depuis Lisieux, est venue faire un pèlerinage dans le Jura et plus précisément dans cette terre sacrée qu’est notre cœur, sanctuaire de l’Esprit Saint, pour nous donner de l’élan, un élan plein de fraîcheur et d’espérance vers Jésus, un élan qui fortifie notre volonté de devenir missionnaires et saints pour le bien de tous. Oui, elle nous entraîne à faire du bien comme elle souhaite faire du bien (« Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre. ») et comme bien avant elle Jésus, là où il passait, faisait le bien (cf. Actes des Apôtres 10,38).

          - Et après ? Comment continuer avec ce qui a été donné pendant ces quelques jours ?

 P. Patrick : Après, il nous faut continuer, fortifiés pas ce que nous avons vécu et aller de l’avant ! Voir le magnifique chapitre 3 de la lettre de St Paul aux Philippiens... Ste Thérèse nous apprend à être missionnaire dans les plus petits actes du quotidien : répandre le bien que fait l’amour de Dieu passe par des choses toutes simples. Les œuvres de miséricordes corporelles et spirituelles sont une excellente boussole. En même temps, il nous faut travailler à cultiver l’unité entre nous par l’Esprit Saint. Les temps forts comme celui-ci nous permettent de l’expérimenter avantageusement. Ste Thérèse l’a vécu en communauté à Lisieux et dans sa volonté de sauver des âmes (même celles des criminels !) et de prier pour les prêtres. Oui, le bien commun va de pair avec le bien personnel (cf. l’encyclique du pape François Laudato si). Cela est à contre-courant d’un monde individualiste où l’intérêt personnel prend de haut l’intérêt commun. Mais cela s’appelle l’Amour !

 

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