Témoignage de Lileth et Louis Primot

 

" Aucun jeune ne doit rester seul « sur la route  ! "

 

Il nous a paru évident de poser un geste de solidarité en proposant d'accueillir un jeune migrant.

C'est ainsi que nous avons accueilli Lamine puis Hassimiou.

            Lamine, jeune guinéen, est arrivé chez nous pour 2 semaines. Il avait déjà connu et vécu dans une famille française. C'était un peu avant le ramadan qu'il nous a fait découvrir. Bien que peu pratiquant comme il le disait lui-même, il le suivait scrupuleusement. Ce garçon enjoué et participatif nous a offert des échanges riches, joyeux et confiants.

             Pour Hassimiou, arrivé au début du mois d'octobre, c'était un premier accueil dans une famille française après avoir été expulsé par les services sociaux qui n'ont pas reconnu sa minorité.

Sa tristesse du début s'est peu à peu estompée. Chez nous il a "pris ses marques" et s'est installé, espérant construire son avenir dans notre pays. Il voulait étudier, aller à l'école, ce que nous lui avons permis de faire.

Au fil des jours, nous avons compris que ce n'était pas qu'un simple hébergement comme nous l'avions pensé un peu naïvement sans doute.

D'abord nous avons découvert qu'il avait des soucis de santé et que, quittant la MAS, il perdait tous ses droits à être soigné. Il a fallu refaire les démarches pour lui procurer une carte d'aide médicale d'état puis reprendre les examens et les soins interrompus.

D'autres démarches encore pour l'inscrire au lycée à Lons-le-Saunier, lui obtenir une carte de transport scolaire, l'inscrire à la médiathèque et pour qu'il ait une carte avantage jeunes. Nous voulions qu'il se sente intégré comme un jeune français.

La prise de conscience des différences culturelles et religieuses, le décalage important entre les conditions de vie de nos deux pays se sont révélés un apprentissage mutuel quotidien. Tout était nouveau ou presque.

Le plus grand malentendu fut pour nous de nous sentir responsables de tout : papiers, santé, école pour qui nous signions des formulaires en tant que responsables légaux ! Mais aussi la demande de recours auprès du tribunal et l'accompagnement à l'audience.

En décembre, une famille s'est proposée de l'accueillir les week-ends et une partie des vacances scolaires. Ce fut pour Hassimiou une autre expérience car il y avait trois adolescents heureux de le recevoir.

Le temps passant, il était de plus en plus inquiet, secret, méfiant, se réfugiant dans la prière et dans la pratique de sa foi musulmane.

Il est resté chez nous quatre mois. Intégré à notre famille. Il a connu nos enfants et petits-enfants, nos fêtes.

En janvier, le juge a ordonné un sursis à statuer de trois mois. La pastorale se structurait et trois familles se sont alors organisées pour accueillir Hassimiou jusqu'à la nouvelle audience.

Cette expérience nous a apporté des grands moments de joie et de partage, et puis des périodes plus lourdes car ni lui ni nous ne savions quand et comment cela s'arrêterait. Heureusement, Benjamin Gaillard et Laurent Gaudin étaient là.

Notre histoire met bien en évidence que les bonnes intentions ne suffisent pas, qu'un cadre clairement défini et annoncé précisant les objectifs, l'organisation, les modalités de prise en charge est une nécessité absolue si on veut que plus de familles s'engagent.

 

                                                        

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