En juillet et août

 Lettres à Paul de Tarse
Claude Plettner
Cerf, 2018 - 174 pages


Plutôt que de s’embarquer dans une biographie classique, travail auquel s’était par exemple adonné Alain Decaux (L’avorton de Dieu. Une vie de saint Paul), la théologienne Claude Plettner a préféré raconter la vie de l’Apôtre des Gentils en lui écrivant quinze lettres. Usant de la deuxième personne du singulier, c’est comme si elle s’adressait à une vieille connaissance, presqu’à un ami, mais un ami auquel on oserait dire ses quatre vérités. Car, et c’est ce qu’indique le sous-titre, l’apôtre Paul est ici vu comme l’homme du scandale. C’est sur le mode de la conversation épistolaire que Claude Plettner s’adresse à un Paul rendu très vivant par l’emploi du présent de l’indicatif. L’écrivain ne s’adresse pas à un mort, fut-il un des piliers du christianisme, mais à un être de chair, un être dont l’empreinte a été si forte qu’elle contribue encore à fixer l’identité du christianisme. Un ton assez péremptoire transparaît dans les lettres que C. Plettner adresse à Paul.
Il n’empêche pas l’admiration d’une chrétienne à l’égard de celui qui a tant fait pour l’implantation et la diffusion de la Bonne Nouvelle au sein d’un monde plein de dangers pour le culte naissant.

Contre la peur et cent autres propos
André Comte-Sponville
Albin Michel, 2019, 423 pages


Nombreuses sont les manières d’afficher son athéisme. Celle du philosophe André Comte-Sponville est de déclarer sa fidélité au judéo-christianisme. Tout en affirmant ne pas croire en Dieu, il dit son attachement à l’héritage biblique. Son livre intitulé Contre la peur et cent autres propos collige des articles écrits pour divers magazines. Quantité de thèmes sont abordés, les plus nombreux étant relatifs à la politique, à la philosophie et à la religion. Parmi les articles liés à ce dernier sujet, on relèvera – dans le chapitre intitulé « Enfin seul ! »  la façon dont la foi l’a quittée et qu’il exprime à la page 71. Contrairement à d’autres, A. Comte-Sponville respecte la foi, abhorrant les opinions absolues et la certitude d’avoir raison qu’affichent les maîtres censeurs. Curieusement, s’il dit avec constance l’état de ses convictions athées, toutes les occasions lui semblent bonnes pour parler religion. Est-ce pour lui sa façon de dire ce qu’il doit à une civilisation qui, quoiqu’on puisse en dire, a fait ses preuves.

Turbulences dans l’univers
Jacques Arnould
Albin Michel, 2017, 282 pages


En historien des sciences, le P. Jacques Arnould, dominicain, se demande en quoi la preuve d’une existence extraterrestre modifierait notre compréhension des Ecritures et notre rapport au divin. Dans une première partie, l’auteur relate l’histoire de cette partie de la théologie, dépendante de la philosophie et de l’astronomie. Cette quête s’achève au mitan du siècle dernier, lorsque des théologiens de la trempe d’un Jurgen Möltman s’intéressent à la vie extraterrestre. Il faut noter ici que la question concerne assez peu les fondamentalistes car elle les place dans une position délicate. Il n’est pas sans intérêt de constater que même un saint Thomas d’Aquin s’est penché sur cette énigme. Si ses opinions l’éloignaient de « l’idée d’une pluralité des mondes, sa foi chrétienne le conduisait à penser que l’existence de plusieurs mondes serait plus cohérente avec la confession d’un Dieu, d’un Créateur tout puissant. » (p. 47). Passé ce tour d’horizon des principales religions face à la question extraterrestre, J. Arnould soumet l’hypothèse de la pluralité des mondes à la pensée théologique, comparant par exemple sa possibilité à une seconde Genèse. Une telle recherche met en branle des concepts aussi vigoureux que contemporains, ceux liés à l’idée de Création et de volonté souveraine de Dieu.


A la fin, comme s’il ne voulait rassurer le lecteur, l’auteur évoque la pensée de Teilhard de Chardin, ce jésuite hors norme qui confessait un Christ aux dimensions cosmiques (p. 226).

Dictionnaire amoureux des saints
Christiane Rancé
Plon, 2019, 725 pages


Parmi les vertus de la collection des « Dictionnaires amoureux », le fait de s’adresser à des spécialistes qui, en peu de mots et simplement, raconteront leurs intérêts, coups de cœur et passions. A cette collection aussi complète qu’apparemment hétéroclite, manquait le monde des saints, monde foisonnant et riche d’où la tiédeur est absente. Ardue a probablement été la tâche de Christiane Rancé quand il lui a fallu choisir parmi la pléiade de saints que l’Eglise catholique a portés sur les autels. A qui a-t-elle été obligée de renoncer, nous ne le saurons jamais ? En revanche, ses attachements se dessinent avec netteté : géants créateurs à la façon de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin faisant bon ménage avec de parfaits inconnus comme José Luis Sanchez de Rio, exemple parmi d’autres de ces saints discrets qui, dans la plus grande humilité, ont porté haut les paroles du Christ. Mais, plutôt que de dresser un catalogue de saints de son choix, Christiane Rancé s’est également intéressée aux écrivains, auteurs et poètes, pas toujours chrétiens, qui ont fait de la sainteté une sorte de modèle à atteindre, une boussole dans un monde qui ne tourne pas toujours bien rond.

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