Pèlerins illustres et foule anonyme


La renommée de Notre-Dame de Mont-Roland s’est-elle étendue rapidement dès l’origine ? Quels furent les premiers pèlerins de la Vierge de Majesté ? Les débuts du mouvement marial vers la sainte colline ne nous sont pas connus ; ils furent probablement modestes.
Un nom cependant doit être retenu au XIIe siècle ; celui de Béatrix, femme de l’empereur Frédéric Barberousse. Les Bénédictins de Jouhe l’ont considérée comme leur bienfaitrice et lui donnèrent le titre de « fondatrice » de leur monastère, pour qu’elle jouisse des avantages spirituels accordés aux fondateurs d’une maison religieuse. Après sa mort survenue à Jouhe en 1184, Béatrix fut inhumée en Allemagne. Les moines de Jouhe élevèrent un cénotaphe à sa mémoire, rappelant ses largesses envers leur prieuré. On a tout lieu de croire que l’église de Mont-Roland reçut souvent les visites de la pieuse princesse et bénéficia de ses libéralités.

Dans la suite, ce sont les noms des plus grandes familles de la Bourgogne et de la Comté qui s’inscrivent dans l’histoire de Mont-Roland. Il est impossible, ici, de les citer tous. Parmi les plus anciens, voici Othon IV, comte de Bourgogne, qui fait un legs de deux calices à « Nostre Dame de Morolain desssus Dole » (1302).

Voici encore Jeanne de Bourgogne, comtesse palatine, reine de France et de Navarre qui « portée de dévotion envers la Sainte Vierge qu’on vénère en la chapelle de Mont-Roland », y fonde trois grand-messes chaque semaine (1324). Et encore : Jean II de Chalon, avec une lampe (1354) et une chapellenie en l’honneur de saint Martin (1355) ; Marguerite de Bourgogne, avec une messe en 1357, puis une autre messe en 1364.

Les ducs de Bourgogne et leurs familles furent aussi des pèlerins de Mont-Roland : Philippe le Hardy y vint en 1372 et en 1386 ; Philippe le Bon en 1407, avec ses sœurs ; en 1408, les filles de Jean Sans Peur ; en 1410 et 1414, la duchesse Marguerite de Bavière. Puis encore Philippe le Bon qui, en reconnaissance de la prise d’Avallon par ses troupes, fonda à Mont-Roland une grand-messe quotidienne avec office de Notre-Dame et y ajouta deux lampes d’argent, dotées de 100 livres (1433).

Citons encore le nom d’Antoine de Luxembourg : « désarçonné au combat en 1475, il appelle à son aide Dieu le Créateur, Notre Dame de Mont-Roland et Monseigneur de Saint-Claude ».

Enfin, nombreuses sont les donations à Notre Dame de Mont-Roland qui figurent dans les Testaments de l’Officialité aux XIVe et XVe siècles.

…En 1395, l’amiral Jean de Vienne fonde, avec Guy de Pontailler, maréchal de Bourgogne, une chapelle à Mont-Roland, avec l’obligation d’une messe quotidienne. L’amiral devait trouver la mort l’année suivante à la bataille de Nicopolis (26 septembre 1396) où il tomba enveloppé dans l’étendard de Notre-Dame. Le baron de Montjustin, vint visiter Mont-Roland au retour de la bataille de Lépante, en 1571, et y déposa en reconnaissance son bouclier et sa bannière.

Et maintenant, voici de saints personnages qui ont laissé à Mont-Roland le souvenir de leur dévotion envers Notre Dame.

Il faut nommer d’abord le Cardinal Jean de Neutchâtel, bénédictin, puis chartreux, évêque de Nevers, de Toul, élu archevêque de Besançon et évêque suburbicaire d’Ostie. Il fut prieur de Jouhe pendant dix ans (1388-1398). Ce personnage avait la réputation d’un saint et l’on prétend que des miracles se firent à son tombeau.

Mentionnons encore sainte Colette qui fit le voyage de Besançon à Auxonne en 1412 pour y installer ses Clarisses réformées et tomba en extase, dit-on, à la vue de Mont-Roland. Et aussi la Bienheureuse Louise de Savoie qui, durant le temps qu’elle était captive de Charles le Téméraire, brodait des ornements d’autel pour Mont-Roland.

La vocation d’Anne de Xainctonge mérite qu’on s’y arrête. Cette pieuse Dijonnaise avait eu l’inspiration de fonder un Institut pour les filles, semblable à ce que les Jésuites avaient créé pour les jeunes gens. Des indications providentielles lui firent comprendre que son vœu se réaliserait à Dole.

Fuyant la maison paternelle, elle arriva dans la capitale comtoise le 30 novembre 1596, où sa première visite fut pour le recteur du Collège des Jésuites, à qui elle exposa son projet. Quelle ne fut pas sa surprise en entendant le Père lui révéler que plusieurs demoiselles de la ville s’étaient concertées pour aller ensemble pendant neuf jours à Mont-Roland prier la Sainte Vierge afin d’obtenir de son Fils « que l’on fit pour les femmes ce qu’il a inspiré à saint Ignace pour les hommes ». Or, ajouta le Père. « C’est aujourd’hui le dernier jour de la neuvaine : ne m’est-il pas permis de voir là une intervention et une réponse du ciel ? » Confirmée dans ses desseins, Anne de Xainctonge entreprit sa fondation d’où devait sortir la Compagnie de Sainte Ursule, qui a connu un essor considérable jusqu’à ce jour. Anne de Xainctonge mourut en odeur de Sainteté, à Dole, le 8 juin 1621.

Mais ces noms illustres ne doivent pas nous faire oublier la foule anonyme qui a passé à Mont-Roland : pèlerins isolés venant demander quelque grâce ou accomplir un vœu, pèlerinages des paroisses de la région, fidèles à honorer le « Nostre-Dame de Mont-Roland ». Dès le XVe siècle, ces pèlerinages étaient déjà nombreux, tels ceux d’Auxonne, de Villers-les-Pots, de Seurre, de St-Jean-de-Losne, de Dijon.

« Notre Dame de Mont-Roland » pp. 13-14 de l’abbé Henri Gauthey
Imprimerie Beau’lieu, Lyon.

   

   

   
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