Témoignage
Témoignage de Laetitia
Une semaine incroyable, ressourçante, qui n’a pas arrêté de me surprendre. Il y a tellement à dire mais je vais essayer de résumer ce qui m’a le plus marqué durant cette semaine. Tout d’abord la rencontre avec les autres zadistes. On venait de lieux différents, avec des âges différents et chacun avec beaucoup à apporter à l’autre. On a pu échanger durant la marche, mais aussi on a pu créer des liens lorsqu’on frappait chez les gens et qu’on vivait des moments forts chez les habitants. Le plus étonnant dans tout cela, c’est que je ne pensais pas que ce concept était vraiment possible. Au début, dépendre des personnes que l’on allait croiser pour manger et dormir me paraissait pas croyable. Mais j’ai pu découvrir qu’en se remettant dans les mains de Dieu et sous le souffle de l’Esprit Saint, rien n’est impossible. Cette démarche très humble de partir en comptant sur notre prochain permet de s’entraîner à tout déposer aux pieds de Dieu et à lui faire confiance.
Témoignage d’Augustin
En arrivant au village de Plasne, l’heure est venue de se mettre en recherche d’un hôte et d’un déjeuner. Avec Lucie et Viviane, nous nous approchons d’une belle maison en pierre, où nous trouvons la porte entre-ouverte, nous laissant apercevoir une jolie cour intérieure. Après avoir sonné, un homme chauve d’environ soixante-dix ans se présente sur le pas de la porte. Comme à notre habitude, nous nous présentons comme des pèlerins en itinérance, lui indiquons que nous vivons de la charité tout au long de notre route, et que nous serions heureux de pouvoir partager un moment avec lui. Il nous demande quelques précisions sur le cadre de notre démarche, et nous exprime très vite sa surprise de nous voir à sa porte, comme une sorte de coïncidence. Il s’intéresse en effet depuis peu à la foi et à la vie de Jésus : il est justement en train d’en lire une biographie. Il nous confie que le matin même, il avait dit à sa femme qu’il « se sentait de plus en plus proche de Jésus », et que tous deux étaient en train de cheminer intérieurement, malgré le cancer contre lequel ils luttaient. Dans la même journée, Dieu était venu en son for intérieur le matin, et faisait signe au moment du déjeuner par l’intermédiaire de trois pèlerins. Nous échangeons rapidement sur nos motivations, sur ce que nous cherchons en marchant durant cette semaine de ZAD. Nous lui assurons que nous allons prier pour lui et pour sa femme. Confus de ne pouvoir nous recevoir à déjeuner puisqu’il s’apprête d’un instant à l’autre à partir pour l’Allemagne, il prend néanmoins le temps de nous offrir un magnifique saucisson et du pain, uniques restes dont il dispose. Viviane lui offre une médaille miraculeuse de la Vierge Marie qu’elle tire de sa poche, et qu’il reçoit comme un petit trésor. Il est touché par notre passage et le signe qu’il constitue, à ce moment difficile de sa vie. Il n’arrive pas à nous dire aurevoir quand nous nous remettons en route.


