Abbé Futin – célébration commémorative
A la demande d’un comité d’amis qui ont bien connu l’abbé Futin et son histoire, une commémoration fut célébrée en l’église de Cesancey, le 18 avril 2026, là où il s’était retiré auprès de sa sœur à la fin de sa vie.
Mgr Garin a présidé la célébration avec le père Africain, curé de la paroisse Saint-Michel-Archange en Sud-Revermont. Ils étaient entourés de prêtres qui l’ont bien connu et de son arrière petit neveu, Xavier Mignot, diacre à Poligny. L’accueil, assuré par Andrée Clavez, par le maire de Cesancey, son épouse et leur fils servant de messe fut particulièrement chaleureux . Des paroissiens de Saint-Michel-Archange se sont associés à cette commémoration ainsi que de nombreux paroissiens des alentours où Louis a exercé son ministère.
Après une procession de l’assemblée au cimetière sur la tombe, l’arbre du souvenir a été planté par son arrière petit-neveu et une plaque rappelant son nom a été bénie par l’évêque.
Retenons la très belle méditation de l’évêque, reprenant une phrase de Louis Futin dans son livre : « Une main m’a conduit », L’histoire et le secret d’un prêtre ( Ed le centurion avec Panorama aujourd’hui)
Âgé de 20 ans, Louis est arrêté en 1943 lorsque des soldats allemands investissent son village. Tous les habitants — hommes, femmes et enfants — sont retenus en otage pendant une journée entière. Le soir venu, tous sont libérés, sauf sept jeunes hommes, immédiatement conduits dans un village voisin, où ils passent toute la nuit, enfermés dans une salle de cinéma. Louis Futin est ensuite emprisonné à la prison de Montluc, puis transféré à Compiègne. Il raconte l’horreur des trois jours de transport dans un wagon à bestiaux, où les prisonniers étaient entassés, en route vers les camps de la mort. S’ensuit une année marquée par la déportation dans trois camps de concentration : Dora, Buchenwald et Bergen-Belsen. Après de nombreux mauvais traitements et tortures, Louis est au seuil de la mort. Laissons-lui la parole :
« Il était 14 heures ce 15 avril 1945 quand la IIème armée britannique força les portes du camp de Bergenbelsen……Je suis en train de mourir au milieu d’autres camarades. Paisible, serein, presque heureux. Enfin c’était fini ! Un camarade est arrivé en courant pour me prévenir, hors de lui : « Libre ! Nous sommes libres ! Des chars viennent de défoncer les portes du camp ! » Mais je n’avais plus la force de partager sa joie : « Pour moi, c’est fini, je vais mourir »…..Oui, mais voilà ! La joie de se savoir libre s’est infiltrée en moi, durant toute la nuit qui a suivi la nouvelle de notre libération, et elle a fait de moi un autre homme. Douze ou dix-huit heures, je ne sais plus, je me réveillai presque neuf, plein de vie à nouveau, au milieu de mes camarades morts. Depuis je n’ai jamais pu oublier qu’il suffit d’annoncer à quelqu’un une bonne nouvelle, aussi petite fut-elle, pour le faire revenir à la vie. Le corps finit par suivre, si le cœur chante encore un peu…. »
Louis Futin a vécu cette expérience pascale de résurrection et nous enseigne que l’annonce d’une bonne nouvelle, aussi petite fut-elle, peut renouveler toute une vie.
Une belle leçon spirituelle en ce temps pascal que Mgr Garin nous a partagée. Une collation joyeuse assurée par une équipe dynamique de Cesancey a clos cette matinée ensoleillée.
















Merci Christian Caire et Jean Raydon pour les photos et l’article !