Le sens de la liturgie
La liturgie est-elle missionnaire ?
La liturgie de l’Église est comme la fontaine au milieu du village où l’on vient puiser l’eau pour vivre, elle est comme un cœur battant qui reçoit le sang avant de le propulser dans l’ensemble du corps pour qu’il vive. La liturgie est en effet le cœur de la vie de l’Église parce qu’elle y célèbre la communion dans l’amour de Dieu, communion acquise par la mort et la résurrection de Jésus, communion à laquelle Dieu appelle tout être humain. Autrement dit, la liturgie, et au plus haut point l’eucharistie, suscite, entretient et fortifie notre élan missionnaire.
En effet, la grâce que nous recevons dans la liturgie est faite pour être partagée : “Allez dans la paix du Christ ! – Nous rendons grâce à Dieu.” Tout est dit de l’élan missionnaire qui jaillit de la liturgie ! La liturgie n’entretient pas un entre-soi mais une unité missionnaire. Ainsi le concile Vatican II a-t-il déclaré : “puisque la liturgie édifie chaque jour ceux qui sont au-dedans pour en faire un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu dans l’Esprit, jusqu’à la taille qui convient à la plénitude du Christ, c’est d’une façon étonnante qu’elle fortifie leurs énergies pour leur faire proclamer le Christ, et ainsi elle montre l’Église à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations, sous lequel les enfants de Dieu dispersés se rassemblent dans l’unité jusqu’à ce qu’il y ait une seule bergerie et un seul pasteur.” (Constitution sur la liturgie, n°2)
À travers la méditation de l’épisode des disciples d’Emmaüs (Luc 24, 13-35), nous voyons que ce sont la rencontre avec Jésus (dimension catéchétique) et son aboutissement dans la fraction du pain (dimension liturgique) qui transforment Cléophas et son compagnon et les rendent ainsi missionnaires.
On peut penser aussi au cénacle de la Pentecôte (Ac 2) où l’Esprit Saint envoie ceux qui vraisemblablement étaient en prière, en les faisant sortir et rencontrer les Juifs de toutes les nations.
L’Esprit Saint est celui qui donne l’élan à notre prière et à la mission. Rappelons-nous saint Paul qui écrit : « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut » (Rm 8,26). Prier personnellement et en liturgie, c’est laisser l’Esprit Saint prier en nous et tourner nos cœurs vers le Père par le Christ. Et c’est donc ce même Esprit Saint, que nous avons reçu par l’onction dans la liturgie du baptême et de la confirmation, qui nous envoie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » (Lc 4,18-19 où Jésus lit Is 61,1-2).
Puissions-nous dans le temps ordinaire avancer ensemble dans la rencontre avec Jésus lors de nos rencontres et de nos liturgies. Ainsi, au souffle de l’Esprit de Pentecôte, nous pourrons porter l’amour, la compassion et l’espérance de Jésus ressuscité dans notre monde en souffrances.