le triduum pascal
Jeudi saint
C’est l’ouverture du Triduum. Jésus, qui se livre pour nous, institue l’eucharistie. Nous entrons dans le Triduum avec la messe de la Cène du Seigneur qui commémore l’institution de l’Eucharistie. Après l’homélie, le célébrant procède au rite du lavement des pieds, qui reproduit le geste du Seigneur dans l’évangile de St Jean au chapitre 13 (cf. Jean 13, 3-17). A la fin de la messe, le Saint- Sacrement (ou réserve eucharistique) est porté en procession jusqu’au reposoir où nous sommes invités à veiller dans la prière tout en méditant les discours de Jésus après la Sainte Cène, véritable testament du Seigneur qui s’est livré pour nous (Jean 14- 17). Nous entrons avec le Christ dans sa Passion.
Vendredi saint
Entrons dans la passion du Christ qui, comme le rappelle St Paul, s’est livré par amour pour nous. (Galates 2,20) C’est le jour solennel où l’Eglise célèbre l’Amour du Christ pour son Père et pour nous (cf. Jn 13, 1; 14, 31). C’est le jour de la Passion et de la mort de Jésus où, remettant au Père son esprit (n 19, 30), il donne déjà à l’Eglise une part de son Esprit Saint. C’est le jour du silence où le Verbe, Parole éternelle du Père, se tait.
Tandis que la liturgie des Heures prend un caractère à la fois dépouillé et développé (offices des ténèbres), la célébration solennelle de l’office de la croix reprend la structure d’une messe avec ses trois lectures dont la dernière est la Passion selon saint Jean ; une prière universelle développée ; la vénération de la croix ( à la place du sacrifice eucharistique) et enfin la communion. Pour donner plus de relief au
sacrifice du Calvaire, offert par le Christ « une fois pour toutes » (He 7, 27), l’Église ne le renouvelle pas sacramentellement dans le sacrifice eucharistique ; c’est pourquoi, pour la communion, on utilise les hosties consacrées la veille à la messe du soir, d’où le nom « messe des Présanctifiés » pour qualifier l’office du Vendredi Saint.
Samedi saint : silence et recueillement dans l’espérance avec la Vierge Marie.
Jésus descend jusqu’aux enfers. Le samedi saint est un jour privilégié de silence et de recueillement. Seuls les offices de la liturgie des Heures sont priés. Dieu repose dans la terre. Tout paraît achevé. Et pourtant, c’est le jour de l’espérance, celle qui ne s’appuie sur aucun signe. C’est le jour de l’attente fidèle, de Marie qui garde la promesse sans en voir l’accomplissement.
Avec la vigile pascale, nous entrons dans la victoire du Christ. Par sa résurrection, le Christ nous entraine dans son cortège triomphal, dans le « passage » (comme en signifie l’étymologie) de la mort à la vie nouvelle « par Lui, avec Lui et en Lui ». En Lui et à la suite des baptisés de Pâques, nous qui étions marqués par le péché, devenons des enfants du Père, reconciliés.
Le Triduum pascal, centre de l’année liturgique, nous apprend que la foi, plus qu’une réponse, est avant tout un don et un passage. Sur ce passage, le Christ nous précède et la Vierge Marie nous y accompagne car entrer dans le Triduum, comme entrer dans le carême c’est accepter d’être conduit de passages en passages, de Pâques en Pâques. L’Eglise contemple le mystère de la descente du Christ aux enfers, comme le rappelle le Credo : séparée momentanément de son corps, l’âme de Jésus est allée « prêcher aux esprits en prison » (1 Pierre 3, 19), c’est-à-dire qu’elle a voulu connaître la condition des âmes
encore maintenues dans le séjour des morts, et surtout leur apporter la bonne nouvelle de leur délivrance, grâce au sacrifice du Calvaire et à sa prochaine Résurrection. La kénose ou humiliation volontaire du Christ va jusque-là, dans les abîmes, pour que soit délivré quiconque accepte de l’être. Dans l’obscurité du tombeau, Dieu œuvre en secret. Il descend jusque dans les profondeurs de la mort pour en ouvrir les verrous.
Pâques : jour d’allégresse et de joie : « Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! »
Solennité des solennités, la fête de Pâques est le cœur de toute l’année liturgique ; elle commence avec la Vigile pascale, au soir du Samedi saint, et se poursuit tout le dimanche ; les cinquante jours du temps pascal ne sont que le déploiement du « jour qu’a fait le Seigneur » (Ps 117, 23). C’est au concile de Nicée (325) que la fête fut fixée au dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps.