Les origines du carême
« Des jours viendront où l’Époux sera enlevé à ses disciples, et alors ils jeûneront » (Luc 5,35).
Dans les premiers siècles de l’Eglise, on jeûnait au moins pendant les quarante heures commémoratives de la disparition du Sauveur, c’est à dire du vendredi soir au dimanche matin. Ou à partir du lundi pour les églises judéo-chrétiennes ( parce qu’on regardait ce jour comme le point de départ du complot des pharisiens pour faire mourir Jésus) Ainsi le jeûne primitif de la Semaine Sainte nous apparaît-il en définitive comme un jeûne de compassion et de deuil pour la disparition de l’Époux ; ce n’est pas un jeûne préparatoire à la célébration du mystère de Pâques, mais un jeûne qui l’accompagne.
Parallèlement dès les premiers siècles, la préoccupation de était la préparation des catéchumènes au baptême, préparation qui durait quarante jours, ainsi que celle des pénitents admis à être réconciliés le jeudi-saint ; mais à ces deux catégories de sujets l’Eglise voulait associer par la même occasion tous les fidèles en tant que corps du Christ amené à mourir et ressusciter avec le Christ pour se renouveler en lui à Pâques.
C’est ainsi que, dès le temps saint Augustin et de saint Jean Chrysostome, le Carême possédait les traits qu’il devait conserver par la suite : temps de jeûne, de partage et de prière pour tout le peuple chrétien, temps de préparation au baptême pour les catéchumènes et de préparation à la réconciliation pour les pénitents.