Démarche jubilaire à l’occasion des 800 ans de la mort de saint François
Parmi les démarches proposées lors des jubilés, on peut retenir celle de l’indulgence plénière. Celle-ci consiste dans la remise totale des peines temporelles dues pour les péchés dont la faute est déjà effacée par le sacrement de la réconciliation. C’est ainsi une grâce de purification et de renouvellement de la vie chrétienne, qui nous fait goûter à nouveau la plénitude de la grâce reçue au baptême.
Nous pouvons demander l’indulgence plénière pour soi ou pour un défunt en remplissant les conditions suivantes :
- – prier aux intentions du Saint Père dans un lieu franciscain (ici la chapelle des clarisses de Poligny),
- – recevoir le sacrement de réconciliation dans un délais proche
- – et communier à l’eucharistie.
L’indulgence plénière vue par un franciscain
À l’occasion des 800 ans de la mort de François d’Assise (1226), l’Église nous offre la possibilité de recevoir l’indulgence plénière. Il est important de bien comprendre qu’une indulgence n’est ni une récompense à mériter d’une sorte de distributeur automatique de grâces. Elle est avant tout une rencontre avec la miséricorde de Dieu, qui veut guérir notre cœur et nous renouveler intérieurement.
La confession, la communion et les prières demandées ne sont pas de simples formalités à accomplir. Ce sont des démarches qui nous préparent à nous ouvrir à l’action de Dieu. L’indulgence porte du fruit lorsque nous nous laissons réellement transformer par sa grâce, lorsque nous nous convertissons davantage, que nous apprenons à pardonner et que nous renouons avec Dieu et avec nos frères.
La confession ne suffit-elle pas ?
Pourquoi encore une indulgence ?
La question est importante car beaucoup de fidèles se la posent. La confession et l’indulgence sont intimement liés, mais elles ne sont pas la même chose.
Par la confession, Dieu nous pardonne nos péchés et rétablit notre amitié avec lui. Mais le péché laisse souvent des traces : des blessures en nous-mêmes et dans nos relations, des habitudes mauvaises, des attachements désordonnés. C’est ce que l’Église appelle la peine temporelle due au péché.
L’Indulgence plénière est le don par lequel l’Église, en puisant dans le trésor des mérites du Christ et des saints, remet la peine temporelle due aux péchés déjà pardonnés quant à la faute. Elle manifeste ainsi la sollicitude maternelle de l’Église, qui nous aide à avancer vers une pleine purification.
On pourrait prendre cette image nécessairement imparfaite : si je casse une vitre chez moi voisin, celui-ci peut me pardonner. La relation est rétablie : c’est l’effet de la confession. Mais la vitre reste cassée et doit être réparée. L’indulgence concerne cette réparation et cette guérison.
En un mot, la confession enlève le péché ; l’indulgence aide à effacer les traces que le péché a laissé en nous.
C’est pourquoi l’indulgence n’ajoute pas un « pardon supplémentaire », elle est une grâce de purification et de renouvellement qui nous fait progresser vers la Sainteté. Saint François ne s’est pas contenté d’être pardonné ; il a voulu laisser l’Evangile transformer toute sa vie. De même, l’indulgence est une invitation à nous laisser guérir plus profondément par la miséricorde de Dieu.
Elle n’est donc ni une magie religieuse, ni un raccourci spirituel. Elle est un don de la miséricorde de Dieu reçu dans la foi, qui appelle notre conversion, notre ouverture à la grâce et notre désir de grandir toujours davantage dans notre union avec Dieu.