Janvier 2020

Les recensions de janvier


L’Eglise en procès
Jean Sévillia (sous la dir.)
Editions Tallandier 2019 - 365 pages


Il y a belle lurette que l’on devrait avoir de l’histoire de l’Eglise une image plus juste, moins manichéenne. Mais non,  rien à faire, l’Eglise a trahi le message évangélique, elle a accumulé pouvoir et richesse, a causé des guerres, s’est acoquinée avec des régimes bien peu recommandables, etc. etc. Dans cette histoire pour nuls distillée jusqu’à plus soif dans nombre de médias, pas de place pour la nuance, pour l’épaisseur historique.
Jean Sévillia s’est entouré d’une équipe de spécialistes pour remettre quelques pendules à l’heure.
Lorsqu’on évoque le schisme avec les Eglises d’Orient ou les liens de la papauté avec le pouvoir et les pouvoirs, il ne faut pas, bien évidemment, exonérer les responsabilités des hommes d’Eglise. Il s’agit juste de replacer leurs faits et gestes dans un contexte qui nous échappe et que, de toute façon, nous ne faisons pas l’effort de chercher à comprendre. On pourra toujours dire que l’Inquisition espagnole était épouvantable et qu’elle décrédibilisait le message de l’Eglise… C’est vrai mais cela n’explique pas grand-chose. Lorsqu’on apprend qu’elle a été créée à l’initiative des rois catholiques, et non de l’Eglise, que la peine capitale devint de plus en plus exceptionnelle et qu’elle était extraordinairement populaire dans le petit peuple, alors on commence à y voir plus clair. Il faut le redire : le manichéisme ne fait pas bon ménage avec la réalité historique.


 

La philosophie devenue folle
Jean-François Braunstein
Editions Grasset 2018 - 394 pages


La lecture du livre de Jean-François Braunstein nous introduit dans ce monde de fous. Il faut avoir le corps et l’esprit bien accrochés quand on sait à quelles extrémités des dingues veulent mener le monde. Comme chez ces apprentis sorciers il n’y a plus de limites, tout devient possible : Faire l’amour avec un animal, pas de problème ! Vous faire couper un membre qui vous gêne, pourquoi pas ! Quant au genre, masculin ou féminin, bah ! il a peu d’importance au final. Enfin, au bout du chemin, il faut s’occuper de faire mourir l’autre dans la dignité, en déterminant si sa vie doit se prolonger parce qu’elle ne vaut pas la peine d’être vécue. L’étude de philosophes et d’anthropologues nord-américains comme Peter Singer ou Donna Harraway a de quoi faire froid dans le dos. C’est le meilleur des mondes dans sa version trash, un monde ayant jeté par-dessus bord des siècles de civilisation, un monde impitoyable à l’égard des plus faibles. Que proposent ces docteurs Frankenstein ? C’est bien simple, renverser l’ordre du monde dans ce qui nous est de plus. Merci à J.-F. Braunstein de nous avertir du danger. Se rendent-ils compte, ces « effaceurs de limites, que leur du programme n’est pas sans rappeler celle d’un furieux moustachu qui il y a 70 ans mit l’Europe à feu et à sang.


 

Pie XII. Un pape pour la France 
Frédéric Le Moal
Editions Cerf 2019 - 416 pages 


Le
Pie XII de Frédéric Le Moal ne s’apparente pas à une biographie classique. En étudiant la fin du pontificat de Pie XI ainsi que la carrière du cardinal Pacelli en tant que Secrétaire d’Etat du précédent, l’auteur dévoile les forces et faiblesses de la papauté de l’époque, alors que les régimes totalitaires se sont emparés de plusieurs pays et menacent comme jamais la paix de l’Europe. Grâce aux archives diplomatiques et à la correspondance des ambassadeurs de France près le Saint-Siège, F. Le Moal raconte en parallèle l’évolution diplomatique de la France républicaine. Régime en partie fondé sur l’anticléricalisme, la République se rapproche à pas comptés du Saint-Siège. C’est que l’heure est grave ; il s’agit de faire front commun contre les régimes dictatoriaux qui, en Allemagne et en Italie, ne cachent pas leur détestation de la démocratie et leur envie de briser l’Eglise. Quand on sait la vigueur avec laquelle le pontificat de Pie XII a été contesté, notamment pour son attitude durant la Seconde guerre, ce Pie XII remet les pendules à l’heure, avec modération et précision. Si Pie XII fut bien le pape voulu par la France, il « resta ce qu’il avait été depuis toujours : un ecclésiastique au service du Saint-Siège. » (page 393)

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