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Etat de la planète : origines et perspectives spirituelles

La conférence organisée par le groupe diocésain Habiter notre terre
a rassemblé 200 personnes dans la salle des fêtes de Poligny, le 12 avril dernier.

Après un mot d'accueil de Mgr Jordy, Dominique Bourg, philosophe et universitaire spécialiste des questions d'environnement, a retracé un état des lieux de la planète suffisamment alarmant pour secouer les consciences.

Les problèmes d'environnement actuels tournent autour de trois grandes thématiques : les ressources, la pollution et les flux de matières et d'énergies. Avec des effets sur le climat, la couche d'ozone, l'acidification des océans, l'eau douce... et bien-sûr, le vivant : disparition d’espèces, migrations... L’ONU s’attend à au moins 250 millions de « migrants climatiques » en 2050, chassés de chez eux par le réchauffement climatique et ses effets.

“Avant la température montait d'un degré tous les 1 000 ans. Depuis la fin des années 70  jusqu'à aujourd'hui, la température est montée de 9/10ème de degrés. Quelques décénnies de folie vont changer l'habitabilité de la surface de la terre pour tous les êtres vivants,  et ce pour des milliers d'années”, alerte Dominique Bourg.

 


Comment se projeter dans l'avenir ?

Le philosophe et professeur invite à se plonger d’abord dans notre passé. Dès la fin du XVI ème siècle, l'homme a considéré la nature comme une mécanique et les animaux comme des machines, en se basant sur une interprétation de la Genèse appauvrie, où seul l'être humain était à l'image de Dieu et dominait sur la création. Or, dans Genèse 1(30), Dieu dit “Tout cela est très bon”, avant même qu'Il ait créé les êtres humains. “La création a une valeur, l'espèce humaine est tirée de la glaise, au même niveau que la nature”.

 

Au XVII ème siècle, une vision nouvelle a été apportée par la science : le progrès doit nous arracher à la nature. “Les meilleurs élèves de cette nouvelle façon de penser sont les économistes, qui substituent au capital naturel reçu, du capital technique reproductible”. L'agriculture est l'exemple type de cette mutation, substituant des mécaniques naturelles par des mécaniques techniques et marchandes (engrais, transgénèse...).

Puis, dans la seconde moitié du XXème siècle,  la science a mis en évidence que tous les êtres vivants communiquent, utilisent des outils, ont des stratégies... La distinction entre l'animal et l'humain n'est plus si tranchée.

Enfin, depuis une quinzaine d'années, une sorte de “révolution végétale” est en train de s’opérer. « La nature n'est plus prise de front mais on la comprend et on s'y installe, en se limitant. Dans ce schéma, le consumérisme n'est pas un modèle de réalisation de soi. »


L'enjeu spirituel


«Un nouveau paradygme est en train de sourdre qui nous rappelle que nous sommes des êtres vivants, de communication. Dieu est présent à la nature. Nous devons arrêter de nier que nous sommes des vivants”.
“Peut-être allons nous vivre des moments difficiles  pour retrouver ensuite un niveau plus élevé de société avec un équilibre, une manière de vivre autrement, plus solidaire, plus enracinée, plus spirituelle. Si nous restons dans nos manière de consommer, ce ne sera pas possible. Nous pouvons choisir de décroître sur le plan matériel pour croître sur les autres plans !”, conclut Dominique Bourg.


 
Isabelle Pouget

Date de publication : 23 avril 2019  

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