Uranus

Uranus
Marcel Aymé
Folio, 1948, 376 pages


Oser écrire, quelques petites années après la fin de l’Occupation, un roman où les bons se distinguent peu des méchants, il fallait le faire. Au-delà des règlements de comptes, de l’accueil fait par une famille à un collabo en danger de mort, des amourettes intrafamiliales – chères à Marcel Aymé -, on est surpris par la liberté de ton dont use l’auteur, en une époque où il était risqué de ne pas afficher un patriotisme débordant. Marcel Aymé égratigne tour à tour gaullistes, communistes, résistants de la dernière heure, collabos, attentistes, pétainistes… tout en leur réservant une certaine indulgence. Quel merveilleux connaisseur de l’âme humaine, avec ses générosités, ses faiblesses et lâchetés, était ce grand écrivain ! La confession de Watrin, un vieux prof qui ne se fait plus guère d’illusion sur ses semblables, donne le ton, celui d’un observateur qui a perdu la plupart de ses illusions : « Il m’est arrivé de vous tenir des propos peu conformes aux exigences de mon patriotisme. Peut-être même avez-vous pu croire que j’étais une espèce d’anarchiste. Que voulez-vous, j’ai toujours eu le goût du paradoxe et je crains bien d’être incorrigible. La plupart des Français sont ainsi. Ce n’est pas ce qui les empêche d’aimer leur pays. » 

OK
OK

Annuaire diocésain MouvementsHoraires des messes

La reproduction totale ou partielle de ce site internet est formellement interdite, sur quelque support que ce soit, sans notre accord express - Tous droits réservés 2014 - Réalisation : Elfinet