Février 2020

Les recensions de février


Se remettre à vivre pour Dieu
Benoît XVI
Presses de la Renaissance 2019, 140 pages



Dans ce petit texte le pape Benoît XVI revient sur la crise que vit l’Eglise à travers le drame de la pédo-criminalité dont certains de ses membres sont accusés. Pour le pape émérite, la crise de Mai 68 a entraîné la faillite de la théologie morale catholique. Le relativisme et les choix personnels mettaient à bas l’ancienne morale liée en grande partie à la loi naturelle. Cette dissolution de la morale et de l’autorité ecclésiale allaient fatalement avoir des conséquences sur la vie des prêtres. C’est dans ce contexte qu’est née la pédo-criminalité au sein de l’Eglise, notamment chez certains de ses ministres. A ce stade, une fois reconnue le scandale, les évêques auraient pu faire appel au droit pénal de l’Eglise. Il faut convenir que ce dernier était ligoté par le garantisme, cette manie consistant à étendre les droits de l’accusé à tel point que toute condamnation devenait impossible. Pour le pape émérite, la crise est avant tout une crise de la foi. Pour les catholiques, évêques et prêtres en premier lieu, il convient de se remettre à vivre pour Dieu et de Dieu car « le pouvoir du mal naît de notre refus de l’amour de Dieu. (p. 68) Oui, il y a du péché au sein de l’Eglise ; il y a aussi de la grâce et c’est elle qui fait que l’Eglise existe encore aujourd’hui.


La Shoah par balles
Patrick Desbois
Plon, 2019, 328 pages


Voilà des années que le P. Patrick Desbois enquête sur une réalité dont l’horreur restait à découvrir : l’exécution, dans les territoires occupés par l’Armée allemande à la suite de l’attaque de l’Urss en juin 1941, de plus de deux millions de juifs. L’énorme majorité de ces juifs a été exécutée par mitraillage et jetée dans des fosses communes. L’Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie recèlent de quantité de fosses communes comptant de quelques dizaines à plusieurs milliers de cadavres. Il faut avoir le cœur bien accroché pour lire l’ouvrage du père Desbois, tant il s’agit d’une plongée dans l’ignominie. Comment le cœur ne saignerait-il pas lorsqu’on lit de telles horreurs ? A l’aide des témoignages qu’il a recueillis auprès des villageois qui à l’époque ont assisté à ces meurtres de masse, P. Desbois retrace l’indicible et met à jour deux réalités auxquelles il est impossible de se soustraire. D’une part, l’Armée allemande, malgré les dénégations des généraux après la guerre, a prêté son concours aux assassinats. 
D’autre part, les assassins – SS et commandos – ont bénéficié du concours, souvent forcé, parfois volontaire, des populations locales, lesquelles creusaient les fosses communes, les comblaient et assistaient aux exécutions. A l’époque, l’antisémitisme était bien un fléau qui n’était pas la spécialité du seul III° Reich.


 A la première personne
Alain Finkielkraut
Gallimard, 2020, 113 pages.


Alain Finkielkraut, académicien français en avait assez de se faire taxer de rétrograde et de réactionnaire, non qu’il réfutât ces deux qualificatifs, mais parce qu’il les jugeait éminemment réducteurs. Après le parcours qui a été le sien, pourquoi a-t-il adopté ses positions ? Pour le dire autrement, d’où parle-t-il, lui qui peut avoir le verbe haut ?
A la première personne est un livre court et dense, qu’il convient de lire le crayon à la main. En sept chapitres, l’auteur revient sur les grandes questions qui ont animé son parcours intellectuel. D’abord la question juive, alimentée par le souvenir de la Shoah, l’anéantissement des juifs d’Europe. Viennent ensuite la question des rapports hommes/femmes dans la société contemporaine, le choc que constitua pour lui la découverte d’Heidegger, etc.
Comme chez 
Finkielkraut la rivière des mots déborde souvent de son lit, ce petit livre – qui n’est pas un livre mineur – est aussi l’occasion pour lui de s’en prendre à la doxa contemporaine, à ces nouvelles modes jugées par lui insupportables comme l’écriture inclusive - à quand les "sapeuses-pompières" et les "maîtresses de conférences" (p. 91), le tourisme de masse, la manie de la fête (le "festivisme" cher à Philippe Muray) et l’inculture des élites. Bref, une charge fine et subtile contre la bêtise contemporaine et sa suffisance.

   

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