Au mois de juin

Sortir du chaos
Gilles Kepel
Gallimard, 2018, 514 pages

 



Comment sortir du chaos dans lequel le monde méditerranéen est englué, notamment dans son aire proche-orientale ? Et le peut-on ? Grand connaisseur du monde musulman et du Moyen-Orient, Gilles Kepel raconte les derniers événements qui vont orienter pour quelques années la destinée de pays comme la Tunisie, l’Egypte, la Syrie ou l’Irak, des printemps arabes à la fin de l’Etat islamique au Levant. Sur fond de réislamisation de la société, l’auteur décrit combien démocrates et républicains sont à la peine dans des sociétés minées par la corruption née de la rente pétrolière. Le Moyen-Orient ressemble à un puzzle, à un écheveau d’une rare complexité. Bien malin celui qui arrivera à dévider sans problème un fil d’Ariane constitué de nombreux nœuds. En bon arabisant, l’auteur lui-même ne s’y risque pas.





Qui, parmi les plus jeunes, se souvient encore de ce qu’apporta la plume du grand historien, de l’académicien parvenu au faîte de la gloire ? C’est dire si la biographie donnée par Charles Mercier est la bienvenue ; les lecteurs de R. Rémond l’attendaient, eh bien la voici cette « traversée du XX° siècle », une traversée qui, au fond, en dit autant de l’évolution de la société française que de la carrière de l’auteur de
La droite en France. Dans les années 1970-1980, beaucoup ont fait connaissance avec lui lors des soirées d’élections. Avant et après, il y avait les cours à Sciences Po, l’écriture d’ouvrages de référence, la présidence de l’Université de Nanterre tout de suite après les événements de Mai 68, la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques, etc… jusqu’à l’élection à l’Académie française.

Le croyant René Rémond était un homme du milieu. Il avait vite compris qu’il n’existe pas de réponses aisées aux problèmes difficiles. Cependant, à la fin de sa vie, en catholique anxieux, il prit la plume plus d’une fois pour défendre un christianisme dont il ne comprenait pas qu’il fût aussi souvent l’objet de la vindicte et des moqueries des médiocres qui font l’opinion. 





Alors que le christianisme irrigue la France depuis une bonne quinzaine de siècles, qu’un réseau paroissial d’une rare densité a infusé la vie religieuse durant des siècles, il semble plus que nécessaire de remettre les pendules à l’heure car, sur les prêtres, on dit tout et n’importe quoi. Il n’y avait donc rien de mieux qu’un des leurs redisent, simplement et sur quelques chapitres de sa vie privée et de la vie paroissiale, ce qu’est le quotidien d’un curé de paroisse, ses difficultés comme ses joies, ses doutes comme ses espoirs. Etant moins nombreux qu’autrefois, leur éloignement a contribué à l’ignorance et lorsque d’aventure les médias parlent d’eux, ils le font souvent maladroitement, semant l’amalgame et la confusion.

Le témoignage du P. Vivarès est, comme le signale la 4ème de couverture, « le témoignage d’un prêtre parisien d’aujourd’hui, entre quotidien et spiritualité. » Sans fard, le prêtre parisien raconte la diversité de ses tâches quotidiennes, de l’accueil d’un migrant au souci que pose la chaudière en panne de l’église. Ici, tâches pastorales et pratiques se côtoient dans un rythme haletant ; il est tellement demandé à un curé de paroisse. Quant à la prière, elle est une source nécessaire pour aider l’homme de Dieu au discernement constant auquel l’invite la vie d’une grande ville. 






Le doigt pris dans l’engrenage, l’homme va voir son être totalement bouleversé au nom des droits de l’homme et de son aspiration au bonheur. Tout cela, écrit l’auteur, est illusion, les lendemains qui chantent risquant de laisser à la place à de sévères désillusions. Au-delà des augmentations techniques et physiques qui rendront l’homme plus performant dans nombre de domaines, le risque n’est pas mince de voir croître la compétition à outrance, les frustrations nées du décalage entre ceux qui auront les moyens de bénéficier des nouvelles technologies et les autres, lesquels seront réduits à devenir des sortes d’animaux de cirque.

Alors que nombreux sont réticents à faire le saut dans une société où la technologie sera reine et étendra ses rets à l’ensemble des activités humaines, le transhumanisme a inventé des ruses de guerre lui permettant d’amortir les bouleversements qui viennent, par exemple en diffusant la fable selon laquelle il est inutile de lutter contre le progrès et que, les véritables changements étant devant nous, il n’y a pas à s’inquiéter des changements qui ont déjà lieu. Or, poursuit O. Rey, ces mutations signent le déjà-là du transhumanisme. Pour le dire autrement, « même ceux à qui le transhumanisme répugne subissent ses effets », parce que l’énergie qu’ils mettent à le critiquer « est souvent autant d’énergie qu’ils ne mettent pas à s’opposer à ce qui s’accomplit à présent » (p. 49). 

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