Etre assis

« Ce corps, que nous considérons souvent sous le seul angle de la santé ou des jouissances que nous pouvons en tirer, se révèle riche de potentialités spirituelles. Il peut, par exemple, devenir l'allié de notre prière. Nous avons du mal à fixer notre esprit, à maintenir un regard contemplatif sur une scène évangélique : laissons notre corps nous apaiser. Demandons-lui à travers une attitude calme, détendue, un rythme respiratoire contrôlé, de nous rassembler, de nous unifier dans l'accueil de la Parole de Dieu. Il n'est pas une tradition spirituelle qui n'ait souligné cette place du corps dans la prière". (Père Michel Rondet, jésuite)

Etre assis n’a pas toujours été naturel à l’être humain, et lorsqu’il acquiert la bipédie, il est plutôt accroupi ou allongé au sol pour se reposer. L’homme se serait assis lorsqu’il a commencé à quitter sa vie de nomade.

« …Abraham assis à l’entrée de sa tente dans la pleine chaleur du jour … » (Genèse 18, 1) : une petite sieste à l’ombre ! le repos, la pose dans les occupations quotidiennes, quoi de plus naturel dans un pays chaud …

Des sièges ont été découverts dans des tombes égyptiennes, et cette civilisation serait la première à avoir utilisé un tel accessoire. Le siège symbolisait alors le rang social et le pouvoir.

Et les premiers sièges que la Bible mentionne, sont les trônes des rois, des prêtres : « le prêtre Elie était assis sur son siège à l’entrée du Temple du Seigneur » (1 Samuel 1, 9).

« A la suite des rois, on installe les évêques et les papes sur le trône. Puis viennent les prêtres. Depuis le neuvième siècle, on assoit des moines sur des sièges bénis. Avec sa règle monastique, Benoît de Nursie a inspiré au septième siècle l’invention d’un mécanisme qui débouche sur la stalle, où les moines peuvent, dans un espace restreint, s’asseoir, être debout, s’agenouiller et adopter des positions intermédiaires » explique Hajo Eichkoff, philosophe allemand dans son essai sur la posture assise.

Jusqu’au Moyen Âge, le tabouret pliant et le banc étaient quasiment les seuls sièges des gens du peuple.

« David était assis entre les deux portes… » pour guetter le retour d’Absalon (2 Samuel 18, 24). Il n’y a pas là, mention de siège royal ; David est dans l’attente d’une nouvelle qui sera tragique : son fils périra au combat.

Mais lorsque ce même roi David désigne son autre fils, Salomon, pour lui succéder, il envoie le prêtre et le prophète faire l’onction du sacre sur celui qui « viendra s’asseoir sur mon trône, c’est lui qui règnera à ma place, c’est lui que j’institue comme chef sur Israël et sur Juda ». (1 Rois 1, 32-35)

S’asseoir, être assis sur le trône est le signe visible de la puissance, de la fonction royale.

Nous avons tous en mémoire l’image de nos livres d’école : Saint Louis assis sous le chêne de Vincennes pour rendre la justice.

La toute puissance de Dieu est symbolisée aussi par le siège royal, et Jésus « … lui qui, renonçant à la joie qui lui revenait, endura la croix au mépris de la honte et s’est assis à la droite du trône de Dieu ». (Paul aux Hébreux 12, 2)

Être assis est pour nous, l’attitude de l’écoute, de l’intériorité, de la concentration dans la méditation.

Depuis Vatican II, il n’est plus question de « trône » pour l’évêque ou le prêtre qui préside la célébration de la messe. La Présentation Générale du Missel Romain (PGMR - 2003) précise : « on évitera toute apparence de trône (310) » et « … les fidèles disposeront de bancs ou de chaises (311) ; ils seront assis pendant les lectures qui précèdent l’Évangile et le psaume responsorial, pendant l’homélie et pendant la préparation des dons pour l’offertoire ; et pendant qu’on observe un temps de silence sacré après la communion (43) ».

  •Ecoute et intériorisation de la Parole, telle est la Lectio divina, que St Dominique pratiquait assis (Prier avec son corps, sœur Catherine Aubin).

« Que ta lecture soit écoute et que l'écoute devienne obéissance. Ne te presse pas. Il faut prendre du temps pour lire, parce que la lecture se fait par l'écoute. La Parole doit être écoutée ! Au commencement était la Parole ... C'est Dieu qui parle et la lectio est seulement un moyen pour arriver à l'écoute. "Ecoute, Israël" est toujours l'appel de Dieu qui doit remonter du texte jusqu'à toi ». (Père Enzo Bianchi du monastère de Bose en Italie)

 Intériorisation du don de Jésus, corps et sang, que nous recevons à la Communion.

« Ayant reçu Notre Seigneur, L’ayant présent dans notre corps, n’allons pas le laisser tout seul pour nous occuper d’autre chose sans plus faire aucun cas de Lui ; seul un malappris traiterait de la sorte le dernier des invités. Que Jésus soit notre unique occupation. C’est le moment de nous adresser à Lui par une prière fervente, de nous entretenir avec lui par de ferventes méditations ». (Saint Thomas More)

 « Marie (la sœur de Marthe), s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole … elle a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée » (Lc 10, 38-42).

 

Geneviève Pouillard

 

 

 

 

 

 

 

·         Ecoute et intériorisation de la Parole, telle est la Lectio divina, que St Dominique pratiquait assis (Prier avec son corps, sœur Catherine Aubin).

 

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