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Derrière ce titre volontairement provocateur, ce dont il s’est expliqué au début de son propos, Jean-Pierre Denis, directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire La Vie a invité les personnes présentes au Carcom le 4 juin dernier à une réflexion sur l’évangélisation dans le contexte de la société actuelle.


Le titre de la conférence
Pour Jean-Pierre Denis, cette question de la volonté d’évangéliser permet de provoquer une discussion et de répondre à ceux qui parfois se posent la question de la nécessité de l’évangélisation. Pour lui, il faut vouloir annoncer l’Evangile, c’est une question de respect des personnes que l’on rencontre que de leur proposer la rencontre de Celui qui nous fait vivre. C’est la mission de tous les catholiques et il faut alors que chacun entre dans une conversion missionnaire comme nous y appelle le pape François.

Puis Jean-Pierre Denis, a partagé, à partir de son expérience de directeur d’un journal catholique et de père de famille mais aussi à partir de son cheminement personnel, quelques intuitions et convictions :
     • Si nous nous contentons d’être dans une gestion de crise, voire la gestion d’une liquidation, nous ne pouvons pas être missionnaires.
    • Notre activité est encore trop tournée vers ceux qui sont encore dans l’Eglise. Il faut nous réorienter vers   l’extérieur, sans avoir peur d’une annonce explicite, sans simplement attendre ceux qui viennent frapper à la porte.
     •  Ne pas être dans le déni et regarder les choses en face. Un exemple de déni est de penser que si les chrétiens sont moins nombreux, ceux qui sont chrétiens le sont par adhésion et non par culture. Les chrétiens d’il y a 100 ans n’étaient pas moins chrétiens que ceux d’aujourd’hui !

Pour dresser le contexte de la crise que nous sommes en train de traverser, Jean-Pierre Denis a évoqué trois axes :
     • La culture : il y a une perte de la culture chrétienne qui touche toute la société et cette perte joue dans les problèmes politiques qui ne sont plus abordés que sous l’angle politique.
     • 
Deux préoccupations dominent la société aujourd’hui et cela est d’autant plus marqué depuis les événements de janvier 2015 : le laïcisme et l’islamisme. Comment, en effet, évangéliser dans un contexte de laïcité où l’on affirme que la foi appartient à la sphère privée – ce que ne dit pas la loi de 1905 – et où en même temps l’islam est très présent et prosélyte.
     • Enfin la question est surtout de savoir si nous voulons être sauvés, si nous avons besoin d’être sauvés. Cette question du Salut pose problème parce que tout dans notre société nous amène à l’évacuer : le salut est apporté par le progrès scientifique et par la politique ; la question du salut ne se posera plus à moyen terme puisque les progrès techniques nous annoncent « la mort de la mort ».

Enfin, pour passer de la gestion du déclin à la conversion missionnaire, Jean-Pierre Denis a proposé trois pistes :
     • La conversion qui doit être à la fois une attitude collective et une décision personnelle.
   • L’inversion  qui nous invite à partir de l’autre et non plus de nous. C’est le désir de l’autre qui peut nous transformer en missionnaire (cf l’épisode du centurion Corneille qui amène Pierre à être missionnaire – Ac 10). Il faut se laisser déranger, se laisser émouvoir, se laisser évangéliser, se laisser inculturer pour trouver les mots d’aujourd’hui qui feront que notre témoignage sera entendu et compris.
     • 
La direction à prendre c’est celle de l’Exode et de la mise en mouvement. Ce qui ne bouge pas se recroqueville, ce qui ne grandit pas meurt. Il faut rejoindre les périphéries ecclésiales (blessés de l’Eglise, déçus de la foi, intermittents de Dieu) mais aussi les périphéries existentielles, en particulier les fragilités humaines (peines, joies…) qui sont des lieux et des temps majeurs de l’annonce de l’Evangile.

En conclusion, Jean-Pierre Denis invite à passer à un christianisme attestataire : il faut faire signe, ce qui ne veut pas dire faire signer ! Nous devons rendre ce service à nos contemporains de la possibilité de croire en étant nous-mêmes signes de Celui qui nous fait vivre. Nous devons dans les carrefours existentiels que sont les grandes questions de la vie (amour, mort…) être là comme le sont les croix de mission plantées aux carrefours des chemins.  

Auteur : Bertane Poitou
- Date de publication : 05 juin 2015  

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