"Et Dieu dans nos visites - Quelles attitudes, quelles paroles ?" Jeudi 20 mars 2014

La pastorale diocésaine de la santé se porte bien ! Malgré toutes les rencontres d’une semaine chargée en conférences de carême et en journée de toutes sortes, 135 personnes engagées dans les visites aux malades et aux personnes seules, se sont retrouvées à Montciel pour se demander comment Dieu pouvait se dire dans ces moments de rencontre, tant à domicile qu’à l’hôpital. La parole était donnée au P. Jean Marie ONFRAY, prêtre du diocèse de Tours, délégué diocésain à la pastorale de la santé de son diocèse jusqu’à l’an dernier, membre de l’équipe nationale et directeur de la revue « A.H. », lien de tous ceux qui travaillent en «Aumônerie des Hôpitaux »

   

   

« Quelle est la place de Dieu dans nos visites ? ». La question peut paraître simple. La réponse aussi : « Dieu est présent, puisque je suis là ». Pourtant notre mission a comme fondement cette phrase de Jésus « J’étais malade et vous m’avez visité », c’est-à-dire que « Dieu est présent » parce que le malade est là ! Passer une demi-heure devant Jésus dans l’Eucharistie pour une adoration ou passer une demi-heure devant Jésus présent dans un malade devrait être une même adoration !

Le P. ONFRAY nous a d’abord amenés à prendre en charge notre propre expérience spirituelle. Est-ce que la joie de l’Evangile transpire en fait dans mon existence ? Est-ce que j’ai vraiment fait une rencontre de Jésus ? A quoi ça sert de parler de Dieu, si mon existence, de fait, ne rayonne pas de sa présence, si je ne prends pas au sérieux la phrase du ps 138 Je confesse que je suis une vraie merveille. Tes œuvres sont prodigieuses. Toute la dynamique pastorale part de là. Je ne vais pas vers l’autre pour lui apporter mon pessimisme.

D’ailleurs pourquoi allons-nous vers les autres ? Parce qu’on a du temps libre ? Parce qu’on veut faire le bien ? Non, mais parce que Dieu m’emmène avec lui continuer sa mission de montrer à tous sa « tendreté », d’être pris aux entrailles pour donner la vie, pour permettre à quelqu’un de porter son grabat au lieu d’être couché dessus. Remettre debout des gens, ce n’est pas supprimer tous les problèmes… Je vais vers l’autre dans la même dynamique de Jésus qui s’est vidé pour se faire homme, esclave ... Aller vers les malades, en pastorale de la santé, c’est vouloir imiter Dieu ...

... à la rencontre de personnes vulnérables. Devant elles, il faut se souvenir de la voix de Dieu à Moise devant le buisson ardent « N’approche pas. Ôte tes sandales. Ce lieu est sacré » (Ex 3). Je ne peux jamais prendre la place de l’autre. L’autre restera toujours un mystère. Ecouter la souffrance, c’est se taire et se dire à soi-même que je ne comprendrai pas, mais que c’est important pour l’autre de parler, de se dire. La vulnérabilité de l’autre me révèlera mes propres vulnérabilités.

Or, Dieu lui-même est vulnérable. Nous sommes au temps du Dieu fragile. « Nous vivons devant Dieu dans un monde sans Dieu» (Dietrich Bonhoeffer en 1945). Le malade a le droit justement de poser la question « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? », c’est entendre quasiment les mêmes paroles que celles de celui qui a dit « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Dieu ne regarde pas la souffrance, il la souffre. Il faut être là où ça souffre, pour aider celui qui souffre à préserver sa dignité d’homme… Comment dire aux hommes que Dieu les aime si l’Eglise n’est pas là par une présence et non pas par des grands principes ?

Le combat spirituel est le combat que mène tout malade. La question sur le sens de la vie se pose. Le combat spirituel est un combat existentiel qui parle aussi de carottes ou de poireaux pour quelqu’un qui a passé sa vie dans un jardin ! L’enjeu pour la pastorale de la santé, c’est d’être là pour faire naître la confiance dans le combat spirituel. Mais la confiance ne s’impose pas. Venant au nom du Christ, nous sommes là pour créer chez des gens les conditions pour qu’ils puissent dire d’une manière ou d’une autre, « vous m’avez redonné confiance ! ».

Pour créer cette confiance, une seule méthode : s’arrêter pour écouter sa vie. C’est le temps d’arrêt qui donne du poids à ce que nous vivons. Faire le récit d’une rencontre permet de sentir combien nos entrailles ont frémi dans cette « visitation » ! Tel est l’enjeu d’une vie d’équipe : fonder une expérience d’Eglise où on se redira comme Jacob au gué du Yaboq « Dieu était là et je ne le savais pas ». Il était là puisqu’il a tressailli en moi. En équipe il est possible de prendre la mesure de l’action de Dieu par et dans nos vies. C’est la seule manière de répondre à la question posée pour ce jour : « Et Dieu dans nos visites ? »

Père Armand Athias

   
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