Persécutions au NIGER

« Nous sommes anéantis », m’écrivent l’archevêque et les chrétiens  de Niamey. Le 17 janvier 2014 en quelques heures toutes les églises catholiques de Niamey et les temples protestants ont été attaqués et incendiés par une horde en furie criant que le Prophète serait vengé, suite à la dernière caricature de Charlie Hebdo.  Seule la petite église St Michel a été protégée par les musulmans qui ont dit aux émeutiers : « si vous voulez tuer les chrétiens, tuez nous d’abord » et la Cathédrale a été sécurisée par les forces de l’ordre. Ce sont des milliers de jeunes voyous qui se sont abattus sur tous les lieux de culte chrétien, preuve que tout avait été bien planifié, car Niamey est une ville de 1.300.000 hab et la plupart des églises ne sont pas repérables, il n’y a aucun clocher.

 Comment cela a pu arriver ? se demandent tous les responsables. La petite minorité chrétienne, 25.000 fidèles, et les 17 millions de musulmans, vivaient en parfaite harmonie dans cet Etat qui est resté laïc. Le jour hebdomadaire de repos est toujours le dimanche et Noêl et une fête fériée, fête à laquelle participent beaucoup de musulmans. L’archevêque est aussi respecté et consulté que le grand Imam. A toutes les fêtes musulmanes il envoie un message de félicitations et de bénédictions. Dans beaucoup de familles musulmans et chrétiens vivent en frères. Il y a beaucoup de mariages entre eux.  Personne ne pouvait prévoir un déferlement de haine et de hargne voulant tout détruire. Bien des maisons de chrétiens ont été attaquées ; elles ont été marquées la nuit, ce qui a fait fuir un grand nombre, abandonnant tous leurs biens pour sauver leur vie. En précisant que beaucoup ont trouvé refuge chez des amis musulmans.

Qui donc ?  Il semble que ce soit des Imans Djihadistes venus du Nigéria, des fondamentalistes partisans de la charia, et on a vu aussi des drapeaux de Boko Haram, cette secte sanguinaire qui sévit au nord Nigéria et veut s’étendre au Cameroun et au Niger. Même si  ce n’est pas ses responsables qui ont organisé cette émeute, ce carnage, c’est bien son idéologie antioccidentale qui se répand comme de la poudre et qui devient l’ennemi n° 1 du Niger. Ils ont attaqué également le centre culturel français, les bars et menacé directement le chef de l’Etat Nigérien.

Dans les jours qui ont suivi,  les chrétiens ont magnifiquement réagi. Mgr Michel CARTATEGUY qui venait de donner sa démission d’archevêque pour laisser la place incessamment à un évêque nigérien a dépassé son immense détresse pour assister, consoler, fortifier, rassurer et appeler à la prière et à la méditation. Que voulait nous dire le Seigneur à travers  ces épreuves ?  Ne pas laisser entrer en nos cœurs la haine ou l’esprit de vengeance  et croire encore au dialogue interreligieux.  Et puis pardonner, prier pour ses ennemis.
Le lendemain des incendies toutes les messes ont été supprimées. On ne pouvait prendre le risque de réunir les chrétiens et d’offrir des nouvelles cibles à ces fanatiques sanguinaires. Puis le second dimanche, le 25 janvier les prêtres ont célébré sur les lieux dévastés, sans vêtement liturgique, avec une assiette et un verre ordinaires puisque tout a été brûlé. Chaque prêtre devait prêcher sur le pardon nécessaire et l’Espérance, Mgr CARTATEGUY écrivant : « notre trésor est porté dans un vase d’argile qui aujourd’hui est brisé et piétiné, mais nous allons le remodeler à la flamme de Pâques. »

 Père Claude NACHON,  curé de St Augustin à  Niamey jusqu’au 27/11/2014
aujourd’hui curé de la Désirade, (Guadeloupe)

                                                                  

 

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