La situation des chrétiens au Moyen-Orient demeure tragique

Benoît Zobler, correspondant régional de l’Aide à l’Eglise en Détresse, se montre très pessimiste.

A-t-on des nouvelles des chrétiens qui sont restés en Irak ? Sont-ils en sécurité ?
Depuis que les deux villes du nord de l’Irak, Mossoul et Qaraqosh, avec les villages de la plaine de Ninive, sont tombés aux mains des combattants de « l’Etat islamique », il ne reste plus grand-chose de la communauté chrétienne irakienne, qui a pourtant été l’une des plus florissantes de tout le Moyen-Orient. 125 000 chrétiens, traumatisés, sont désormais réfugiés dans la région autonome du Kurdistan irakien, notamment à Erbil. Ils vivent avec les autres réfugiés, dans des conditions très sommaires. Ils ne peuvent compter que sur l’aide de l’Eglise et des organismes caritatifs internationaux, comme l’Aide à l’Eglise en Détresse. Ils sont en sécurité tant que les forces kurdes qui les protègent tiendront… Il y a aussi des chrétiens qui demeurent toujours à Badgad. Les y ont rejoints environ 4 000 chrétiens chassés de Mossoul. Ils connaissent une relative sécurité à Badgad, bien que depuis la chute de Saddam Hussein ils aient subi de nombreuses exactions.


Eglise copte brulée

La réponse de la communauté internationale, à l’occasion du drame vécu par les minorités chrétienne et yézidi, a-t-elle été à la hauteur de l’enjeu ?
Elle aurait pu mieux faire ! J’ai été particulièrement étonné du silence de l’Union européenne. La France a réagi assez rapidement tant sur le plan humanitaire que militaire. Mais il reste, me semble-t-il, un grand « flou », d’une part sur la conduite à tenir pour contenir l’avancée de l’Etat islamique – sommes-nous prêts à y mettre les moyens ? -, d’autre part sur notre attitude vis-à-vis du régime syrien : faut-il maintenant appuyer celui qu’on a cherché à abattre ? Face à ces enjeux politico-stratégiques – le pétrole est aussi un enjeu capital -, le sort des chrétiens et des autres minorités est passé, et passe encore, au dernier plan.

Croyez-vous encore que les communautés chrétiennes ont un avenir possible en Syrie et en Irak ?
Personnellement, je suis très pessimiste quant à l’avenir des chrétiens d’Irak sur leur terre d’origine. Leur émigration massive, depuis ces deux dernières décennies, puis ce coup de butoir de l’an dernier, qui a été le coup de grâce… Pourtant, comment penser à l’avenir de l’Irak, de la Syrie, sans les chrétiens, eux qui ont largement contribué à façonner leurs pays, à les moderniser, à les faire vivre en paix ? Seule une communauté internationale cohérente dans ses choix pourra faire pression pour sécuriser ces régions et permettre aux exilés de retrouver leurs villages, leurs biens. Mais les chrétiens se sentent trahis, abandonnés. Beaucoup veulent quitter définitivement leur pays.

Source © Voix du Jura

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