Les leçons de l'histoire

Les leçons de l’histoire


Ce survol rapide de l’histoire de l’Eglise montre que l’Eglise a célébré dès son origine le baptême et l’eucharistie. La confirmation n’existait pas comme sacrement séparé du baptême. La plongée dans l’eau, l’onction d’huile et l’eucharistie formaient une unité et étaient célébrées ensemble. Le catéchumène achevait son initiation par la participation au repas pascal.

Etant donné la situation sociologique, il est également évident que l’Eglise initiait essentiellement des adultes. Quand il y avait des enfants, ils étaient baptisé avec leurs parents. Mais déjà au 4ème siècle, on discutait sur la pertinence de baptiser les petits enfants, bien que l’Eglise l’ait toujours pratiqué. Le fait que le baptême était majoritairement administré aux adultes a laissé des traces curieuses qui se trouvaient encore dans le rituel du baptême avant le concile Vatican II. D’une manière totalement fictive, le prêtre s’adressait au bébé et les parents répondaient à sa place. Bien sûr, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Toute la théologie du baptême s’est donc élaborée en réfléchissant sur le baptême des adultes. Quel sens, par exemple, peut avoir un chemin de conversion pour un nourrisson ? Il faut prendre note du fait que les baptêmes des adultes et des enfants s’inscrivent dans deux logiques différentes.

L’histoire des sacrements permet de comprendre pourquoi les églises orientales continuent à administrer en même temps le baptême, la confirmation et l’eucharistie même aux enfants. Cela nécessite d’accorder la faculté de confirmer à tous les prêtres. Cette solution a comme avantage de maintenir l’ordre initial et l’unité des sacrements. Par contre, elle ne fait pas apparaître le rôle spécifique de l’évêque dans son Eglise.

Cette même histoire a conduit l’Eglise catholique à faire des choix différents. Ils ont l’avantage de déployer les sacrements de l’initiation chrétienne dans le temps. Mais ils ont également deux inconvénients majeurs. D’une part, les sacrements sont administrés dans un temps assez long et ils risquent ainsi d’apparaître et d’être vécus comme des moments isolés. Il devient alors difficile de voir leurs liens et leur unité profonde. Ce constat pourrait expliquer en partie pourquoi la confirmation apparaît comme un supplément pas vraiment nécessaire. Nombreux sont ceux qui s’arrêtent avec la communion solennelle.

Les trois sacrements de l’initiation déploient l’unique mystère pascal. Mais l’ordre initial des sacrements, baptême-confirmation-eucharistie, est maintenant inversé. Ne serait-il pas plus cohérent de recevoir d’abord le baptême et la confirmation avant d’accéder à l’eucharistie ? Est-il cohérent de considérer qu’un baptisé peut accéder à l’eucharistie sans être prêt à recevoir la confirmation ? Beaucoup de théologiens ne sont pas convaincus par les arguments psychologiques ou pédagogiques qu’on leur oppose. Même certains évêques se posent aujourd’hui la question de rétablir l’ordre initial. Mais il est souvent difficile de refaire l’histoire.

Ayant conscience de ces questions, le nouveau rituel de l’initiation chrétienne des adultes reprend l’ordre originel. Il prévoit que le néophyte reçoit les trois sacrements dans la même célébration. Mais dans les faits, c’est rarement appliqué. On peut avoir l’impression que l’initiation chrétienne des enfants avec son étalement dans le temps fait sur ce point un retour étonnant dans l’initiation des adultes. L’argument avancé pour cette pratique sera essentiellement psychologique ou pédagogique.

 H.B

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